Buch 
Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
Entstehung
Seite
267
JPEG-Download
 
  

ministre Colbert avait pris à cœur de leur enlever cemonopole, tant par des primes à la marine mar-chande nationale, que par l’élévation des tarifsdouaniers. Les États-Généraux de Hollande ripos-tèrent en frappaïit de surtaxe les produits français(1670) : « C’est un pas bien hardi pour les États,écrivit aussitôt Colbert à l’ambassadeur de France àla Haye; vous verrez dans peu qu’ils auront tout lieude s’en repentir. »

De son côté, Louvois estimait que « le véritablemoyen de parvenir à la conquête des Pays-Bas espa-gnols était d’abaisser les Hollandais et de les anéan-tir ». Le moment était d’ailleurs bien choisi : laHollande était alors affaiblie par les dissensions intes-tines auxquelles donnait lieu l’antagonisme entre desvieux républicains, dirigés par le « Grand Pension-naire » Jean de Witt, et les partisans du « Stathou-dérat » qui voulaient rétablir dans les charges de sesancêtres le jeune prince d’Orange-Nassau. D’ailleurs,en s’enrichissant de plus en plus par le commerce,les Hollandais avaient perdu, sinon leur patriotismeet leur amour de l’indépendance, du moins le goût etle souci des choses militaires. La flotte de guerre,indispensable à la protection d’une immense marinemarchande, était en excellent état, grâce aux soins età la prévoyance de l’amiral Ruyter, l’un des plusgrands marins que la Hollande et l’Europe mêmeaient produits; mais l’armée de terre, qui, sous lamaison d’Orange, était toujours entretenue sur unpied respectable, avait été si complètement négligéedepuis l’abolition du stathoudérat, que la Républiquene pouvait plus guère opposer à une invasion que