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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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des milices peu nombreuses, mal équipées et sansdiscipline. Les places étaient dépourvues de muni-tions, d’approvisionnements et de troupes; leursfortifications tombaient en ruines et l’on y avaitnommé des commandants qui n’avaient d’autres titresque d’appartenir au parti dominant.

La conquête d’un pays aussi peu préparé à sedéfendre ne paraissait pas bien difficile; mais le traitéde 1668 assurait à la Hollande l’appui de l’Angleterreet de la Suède. Le premier soin de Louis XIV futdonc de chercher à dissoudre la triple alliance de laHaye. Le roi d’Angleterre, Charles II, s’en laissadétacher facilement : son secret attachement pour lareligion catholique et surtout ses besoins d’argent, ledisposèrent à entrer en négociations avec Louis XIV,qui, par l’allocation d’une pension personnelle de3 millions de livres, s’assura non seulement sa neu-tralité, mais encore son concours; un corps de6,000 Anglais et une flotte considérable devaientcoopérer à la guerre contre les États-Généraux. LaSuède, également besoigneuse, abandonna la Hollandeen échange d’un subside annuel de 1,500,000 écus;elle ne devait pas prendre une part immédiate auxhostilités, mais elle s’obligeait h envoyer en Pomé-ranie ou dans le duché de Brême un corps de10,000 hommes de pied et 6,000 chevaux, pouragir contre les États d’Allemagne qui voudraient seporter au secours des Hollandais. En outre, Louis XIVconclut des traités avec plusieurs États d’empire; lés-ons lui promirent la neutralité, les autres se liguèrentavec lui : parmi ces derniers se trouvaient l’électeurde Cologne et l’évêque de Munster, qui s’engagèrent