— 269
à fournir et fournirent effectivement un contingentd’une vingtaine de mille hommes, et le duc de Bruns-wick-Lunebourg, qui promit 10,000 hommes, maisne les mit jamais sur pied. Cette campagne diplo-matique, prélude de la campagne militaire, fit leplus grand honneur à l’adroit négociateur Hugues deLionne, secrétaire d’État aux affaires étrangères, quidevait mourir peu de temps après. Dans ces circon-stances critiques, deux puissances seulement osèrents’allier avec les Hollandais : le roi Charles II d’Es-pagne et Frédéric-Guillaume de Brandebourg, lea Grand Électeur ». Le traité conclu entre la Hollandeet l’Espagne était conçu en termes généraux : les deuxpuissances promettaient de s’assister mutuellement detoutes leurs forces dans le cas où l’une d’elles seraitattaquée par la France; au contraire, l’électeur deBrandebourg devait fournir à la république desProvinces-Unies un secours de 20,000 hommes, quiseraient entretenus à frais communs.
Les États-Généraux n’étaient pas assez rassuréspar ces alliances pour ne pas regarder une ruptureavec la France comme une véritable calamité. Aussifirent-ils tous leurs efforts pour la prévenir, et ilsoffrirent à Louis XIV toutes les satisfactions qu’ilpourrait désirer. Mais l’orgueilleux monarque repoussaces avances et répondit à l’ambassadeur hollandaisqu’il ne devait de compte à personne, ni des arme-ments auxquels ils se livrait dès lors ouvertement, nide l’emploi qu’il voulait en faire. Ces armementsétaient formidables : grâce à la réforme de l’arméeentreprise et poursuivie avec la plus grande activitépar le ministre Louvois, la France pouvait mettre sur