dont 110,000 étaient rassemblés entre la Sambre etla Meuse, au commencement de l’année 1672.Pendant ce temps, Colbert, ministre de la marine,armait et équipait une flotte de 44 vaisseaux, 6 fré-gates et plusieurs brûlots, aux ordres du vice-amiralcomte d’Estrées, et à laquelle devaient se joindre les50 vaisseaux, les 20 frégates et les 15 brûlots quicomposaient les escadres anglaises placées sous lecommandement supérieur du duc d'York. La cam-pagne pouvait donc être menée aussi vigoureusementsur mer que sur terre.
Comme on l’a vu plus haut, la puissance navalede la Hollande n’était pas très sensiblement inférieureà celle de ses deux adversaires réunis, puisque l’ami-ral Ruyter disposait d’une flotte de combat de91 vaisseaux et frégates, sans compter les brûlots etles bâtiments inférieurs. Mais l’état moral et matérielde son armée lui eût à peine permis de défendre lesfrontières terresti’es, si elle n’eût compté sur les diffi-cultés que la constitution naturelle de son territoireopposait et opposera toujours à l’invasion étrangère,et surtout si elle n’eût pas attendu des secours dudehors. Cependant, lorsque le parti conservateur eutréussi à faire nommer le jeune prince Guillaumed’Orange-Nassau capitaine général, c’est-à-dire com-mandant en chef des forces de la République (25 fé-vrier 1672), de louables efforts furent faits pourmettre l’armée hollandaise à même d’affronter lalutte. De 37,000 hommes qu’elle comptait à la fin de1671, elle fut portée assez rapidement à 52,000 ( 1 ).
(<) D’après Van Sypesteyn et de Bordes : De verdediging vanNederland in 1672 en 1675.