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C’était peu pour résister aux troupes deux fois plusnombreuses, et surtout bien supérieures par l’organi-sation et la discipline, que Louis XIV allait mettre encampagne; heureusement, le prince d’Orange, toutjeune qu’il était — il venait à peine d’atteindre samajorité — n’était pas homme à se laisser découragerpar la pénurie des moyens mis à sa disposition, et ilprit sans retard les dispositions qui lui paraissaientles plus propres à conjurer le péril.
Il n’y avait guère à redouter une attaque par lesud, le territoire hollandais étant protégé, de cecôté, par la triple barrière formée par la Meuse, leWahal et le Rhin et appuyée par les places de Berg-op-Zoom, Breda, Bois-le-Duc, Grave, Nimègue,Emmerich, Rees, Wesel, Rhcinberg et Orsoy. Maisles Français avaient la faculté de tourner cette fron-tière redoutable par l’est, c’est-à-dire en franchissantle Rhin au-dessus d’Orsoy, puis l’Yssel, et pouvaientpénétrer par le pays de Gueldre jusqu’au cœur de laRépublique. Le soin qu’ils avaient eu de conclure unealliance offensive et défensive avec l’électeur deCologne et l’évêque de Munster, la précaution qu’ilsavaient prise de réunir des magasins à Bonn, Neusset Kaiserswerth, enfin l’envoi préalable sur le Rhind’un premier corps destine à protéger ces dépôtsd’approvisionnements et à servir de noyau auxtroupes électorales, ne permettaient de conserveraucun doute sur leurs intentions. C’est pourquoi leprince d’Orange réunit toutes ses forces disponibles(25,000 hommes environ) derrière l’Ysscl, sa gaucheà Deventer, son centre à Zutphen, sa droite à Does-borgh. Il aurait voulu renforcer l’année d’opérations