— 277
C’était là, au demeurant, des exploits faciles.Büdericli n’avait qu’une garnison de 450 hommes :investie le 1 er juin par Turenne, qui avait rallié à ceteffet le corps de Montai, elle capitula dans la nuitdu 3 au 4 ; Orsoy, où se trouvaient 850 hommes,fut attaqué par le Roi le 2, et se rendit dès le lende-main; Rheinberg fut encore moins difficile à prendre,car il suffit d’offrir de l’argent au commandant pourlui faire ouvrir les portes de la ville ( l ). Quant augouverneur de Wesel, qui avait 1,800 hommes sousses ordres, il fit d’abord mine de résister ; mais laprise du fort situé au confluent de la Lippe et duRhin, que Condé, renforcé par Luxembourg, enlevadès le premier jour, abattit son courage, et commeles habitants n’étaient nullement disposés à seconderla défense, il se résigna à capituler (5 juin). Weselpris, Condé se rendit maître de la ville de Rees (latête de pont située sur la rive gauche du Rhin futréduite simultanément par Turenne), puis d’Emme-rich, où l’armée royale le rejoignit le 10 juin : iln’avait guère fallu plus d’une semaine pour la con-quête des six places que l’on regardait comme les« clefs » de la Hollande.
A vrai dire, elles n’étaient que les avant-postes dela ligne de défense de l’Yssel, derrière laquelle leprince d’Orange attendait les" Français. Cette ligneparaissait assez malaisée à forcer de front à cause del’escarpement des rives du fleuve, et, bien que Condé
('•) Ce commandant était un Irlandais, le comte d’Ossery ; ilavait obtenu (le se retirer’ à Maestricht avec sa garnison ; mais ily fut arrêté et mis à mort par ordre du prince d’Orange, juste-ment indigné de sa lâcheté.