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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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avait envoyé le général Wiirlz avec 3,000 hommesde pied et 2,000 chevaux pour surveiller le cours duRhin. Wiirlz arriva à Tollhuis le 12 juin de bonneheure, au moment oii les Français commençaientl'établissement de leur pont sous la protection dedeux baüeries; malheureusement, n’ayant pas amenéd’artillerie avec lui, il fut dans l’impossibilité detroubler sérieusement les travaux et, de plus, il laissapasser l’instant favorable pour charger la cavaleriefrançaise lorsque, après avoir traversé le fleuve, nonsans peine, elle prit pied sur la rive gauche. Lespremiers escadrons passés réussirent à se reformerassez rapidement et tombèrent sur la cavalerie hollan-daise, qui tourna bride aussitôt; l’infanterie deWürtz ne tint pas beaucoup mieux. Retranchée, dureste très imparfaitement, à quelque distance de larive, elle ne farda pas à être enveloppée par0,000chevaux, à la tête desquels marchaient le princede Condé, le duc d’Anguien, son fils, et le duc deLongueville, son neveu, et elle se préparait à mettrebas les armes, lorsque l’ardeur inconsidérée de quelquesjeunes seigneurs, qui vinrent faire le coup de pistoletcontre un ennemi au repos, rompit les pourparlersdéjà engagés. Les Hollandais, croyant qu’on refusait,de leur donner quartier, ripostèrent par une déchargegénérale; le duc de Longueville fut tué et Condé eutle poignet brisé par une balle. Chargés alors avecfureur, les 3,000 fantassins de Würtz furent accabléspar le nombre ; les Français en tuèrent 500 et prirentle reste, à une centaine d’hommes près; leurs pertes,à eux, ne s’élevaient qu’à 300 hommes hors decombat ou noyés. Tel fut ce fameux passage du Rhin,