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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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Napoléon dit à co propos : « Turcnne avait la prin-cipale confiance du Roi; on doit lui attribuer sesfautes. On ne voit pas qu’il ait insisté avec force etpubliquement pour empêcher qu’on les commît. » Cejugement ne paraît pas motivé : Louis XIV n’étaitpas homme à céder à des objurgations « publiques »et ne les eût pas tolérées, — avec raison, du reste, —puisqu’il exerçait le commandement en chef. D’autrepart, s’il avait pour Turcnne la déférence qu’un Icihomme méritait, il était loin de se diriger unique-ment d’après ses avis : assurément, il les suivait depréférence à ceux de Condé, non pas seulement parcequ’ils étaient le fruit d’une expérience plus appro-fondie de la guerre, mais aussi parce que la conduitedu prince jusqu’à la paix des Pyrénées avait pu êtrepardonnée, non oubliée; mais le seul homme quiexerçât sur l’esprit du souverain un ascendant réel,c’était, faut-il le répéter? le secrétaire d’iïlat Louvois.Or, celui que l’on a appelé « le plus grand et leplus brutal des commis », se mêlait, dès celte époque,de diriger les opérai ions et de régenter les généraux,bien qu’il n’ciU jamais servi que dans les bureaux, etnous le verrons, avant la fin de cette campagne, enconflit avec Turcnne lui-même. Plus d’une fois, l’in-fluence de Louvois s’exercera ainsi d’une façon préju-diciable aux intérêls militaires, sinon même auxintérêts nationaux, — ce qu’il est permis de remar-quer sans méconnaître ses talents administratifs etsans rabaisse) 1 les services qu’a rendus à la Francece grand organisateur et réformateur d’armées (').

(’) Outre le conseil pernicieux do garder toutes les placeshollandaises, dont on a parlé plus haut, Louvois donna à