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Nieuwport et Schoonhoven, à Bodegraven et, enfin, àWeesp, de façon à couvrir, de la Meuse au Zuiderzée,toutes les parties du pays qui n’étaient point directe-tement protégées par les eaux. Cette disposition encordon était la seule praticable dans de telles circon-stances et n’offrait, d’ailleurs, que peu de dangers,puisque chaque corps avait ses flancs appuyés parl’inondation et son front abrité par des retranchementsauxquels on ne pouvait généralement accéder que pard’étroites langues de terre.
On s’attendait néanmoins à ce que les Françaisessayassent de forcer le passage sur l’un ou l’autre deces points, et l’alarme fut grande à Amsterdam, quandon apprit que le marquis de Rochefort, après avoiroccupé sans coup férir Amersfoort, Ufrecht et Naar-den, paraissait menacer Muiden, que ses écluses fai-saient considérer comme la « clef » de la métropolehollandaise. Mais ce n’était pas avec un faible corpsde cavalerie que l’on pouvait tenter l’entreprise, etceux des historiens français qui ont prétendu que l’in-décision de Rochefort avait sauvé Amsterdan, n’ontpas pris garde que le reproche s’appliquait beaucoupmieux à l’armée principale, restée inactive au camp deZeist, près d’Utrechl, depuis qu’elle n’avait plus devilles à prendre. 11 est vrai que des conférencess’étaient ouvertes, depuis quelque temps, en vue d’ame-ner la cessation des hostilités; toutefois, Louis XIY,en répondant par des exigences inadmissibles auxpropositions pourtant bien humbles des Hollandais,montrait qu’il n’était rien moins que disposé à fairela paix, et il aurait pu certainement tirer un meilleurparti de l’immense supériorité de ses forces.