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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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conquête des Pays-Bas espagnols, qui offraient uneproie facile, la province se trouvant à peu près com-plètement dégarnie de troupes. Ou savait que l'Es-pagne était devenue l’allice des Hollandais et qu’ellen’attendait, pour venir à leur aide, que d’avoir ter-miné des préparatifs auxquels elle se livrait, d’ail-leurs, ouvertement. Il eût donc été habile de la pré-venir et de profiter de sa faiblesse, et Louis XIV eutgrand tort de n’y point consentir sous prétexte qu’ilétait mauvais de passer pour l’agresseur. Les mêmesfaux scrupules, encouragés par Louvois, empêchèrentle Roi de donner suite à la proposition, que fit ensuiteTurenne, d’envoyer du moins une armée sur le Rhinpour obliger à la neutralité les princes d’empire quise préparaient à secourir les Hollandais, et pourdonner à réfléchir à l’Empereur luirinème, qui incli-nait visiblement à prendre parti contre la France.Dès l’instant qu’on ne pouvait rien faire en Hollandeet qu’on ne voulait rien faire ailleurs, les hostilitésallaient se trouver suspendues de fait, et Louis XIVs’en retourna en France, laissant Turenne à la têtede l’armée (24 juillet). Le maréchal, ayant les mainsliées, mit ses troupes en quartiers « de rafraîchis-sement », l’infanterie dans l’île de Bommel, la cava-lerie aux environs de Bois-le-Duc; Luxembourg con-tinua d’occuper la seigneurie d’Utrecht et Chamillyfut renvoyé devant Maestrieht; seuls, les contingentsde Cologne et de Munster qui, après avoir enlevéCoeworden, avaient entrepris le siège de Groningen,poursuivirent leurs opérations, d’ailleurs, en pureperte.

Dans l’intervalle, une révolution intérieure avait