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siège de Groningen, pour les détacher de l’alliancefrançaise.
Turenne avait déjà pris ses précautions, lorsqu’ilfut averti par Louvois que les ennemis paraissaientvouloir « se venir faire battre sur les bords duRhin ». Dès le commencement d’août, inquiet desnouvelles d’Allemagne, il avait réuni 8,000 hommesà Berlikum et s’était porté, par Bakel, sur Oerlo (aunord-ouest de Venloo), où il attendit des avis certainsde la décision que prendrait l’Empereur. Dès qu’onapprit à Saint-Germain que Montecuccoli se préparaità rallier l’armée brandebourgeoise, Louis XIVexpédia au maréchal les instructions suivantes, datéesdu 23 août : « Mon intention est... que vous vousacheminiez vers Wesel, et, après que la plupart destroupes, dont j’ai résolu de composer cette armée, s’yseront rendues, vous vous avancerez au lieu quevous croirez le plus propre pour être en état d’empê-cher que l’armée de cette ligue (la ligue de l’Empe-reur avec le Grand Électeur) ne puisse prendre aucunposte sur le Rhin. » Dans une lettre du même jour,Louvois, celte fois bien inspiré, répétait à Turennequ’il n’était nullement- lié par les instructions du Roi :« Sa Majesté, disait-il, n’a rien voulu vous prescrire,et après vous avoir fait entendre ce quelle croit êtrele mieux, elle vous laisse liberté tout entière d’exé-cuter ce que vous jugerez le plus à propos pour laconservation de ses conquêtes et pour maintenir lecours du Rhin libre. »
A vrai dire, ces deux conditions n’étaient pas trèsfaciles à concilier : Louis XIV tenait à ce qu’on nedégarnît aucune des places enlevées aux Hollandais,
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