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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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et, le duc de Luxembourg ayant besoin de toutes sestroupes pour tenir tète au prince d’Orange, dontl’armée se renforçait chaque jour, c’est tout au plus siTurenne pouvait réunir 16,000 hommes pour mar-cher sur le Rhin. Mais où le Roi faisait preuve d’uneincontestable sagesse, c’est lorsqu’il invitait Turenne àpasser tout d’abord le fleuve, afin d’en interdire lepassage. Outre que cette résolution audacieuse étaitle meilleur moyen d’imposer aux ennemis en leurdonnant le change sur la faiblesse réelle de l’arméefrançaise, c était la seule manière d’être prêt à s’op-poser aux entreprises très diverses qu’ils pourraienttenter. On vient de voir que le Grand Électeur etMontecuccoli avaient décidé d’envahir d’abord le paysde Munster et de Cologne. Mais on ignorait s’ils neremonteraient pas ensuite vers l’Yssel, afin d’appuyerdirectement le prince d’Orange, s’ils n’iraient pointpasser le Rhin entre Cologne et Wesel, pour prendreles Français à revers, ou, enfin, s’ils ne se tourne-raient pas vers le sud pour attaquer soit l’Alsace, soith Lorraine. En les prévenant sur la rive droite duRhin, Turenne était en situation d’observer tous leursmouvements et de les prévenir sur n’importe quelpoint où ils paraîtraient vouloir diriger leurs efforts.

En conséquence, le maréchal se mit en marched’Oerlo le 2 septembre, passa la Meuse et se dirigeasur Wesel, où il arriva le 10; puis, après s’être ren-forcé d’une partie de la garnison laissée précédemmentdans cette place importante, et de quelques autrestroupes tirées du corps resté à Maaseyk, ce qui portason armée à 20,000 hommes environ, il alla prendreposition à Steele, sur la Ruhr (23 septembre). Une