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déraient la campagne comme terminée et le pres-saient de mettre ses troupes en quartiers d’hiver. À lafin, il réussit pourtant à les convaincre de la néces-sité de continuer les opérations, malgré les rigueursde la saison : « Je crois très important pour leservice du Roi, écrivait-il à Louvois, que je passe leRhin assez fort pour empêcher les Allemands des’élargir dans la Westphalie, et même de les fairerepasser, si l’on peut, au delà du Wezer. Dansl’ébranlement de M. de Munster, cela attirerait, àmon avis, de fort méchantes suites, si on leur laissaitprendre leurs ..quartiers en repos, et on ne les enpeut faire sortir qu’en corps d’armée ('). »
Désireux de se rendre compte par lui-même de lasituation, le maréchal se rendit de sa personne àWesel, d’où il envoya 1,200 chevaux des troupes deCologne — les seules qu’il eût encore sous la main— pour tâcher de faire lever le siège de Werl. Cettediversion, confiée au marquis de Rend, eut un pleinsuccès : l’électeur de Brandebourg, s’imaginant queTurenne avait déjà passé le Rhin et que c’était sonavant-garde qui apparaissait sur la Lippe, rappelaà Lippstadt le corps de siège — quoiqu’il vînt de lefaire porter à 10,000 hommes — et se retira lui-même à Bielefeld (IG janvier). Ce ne fut pourtantque dix jours après que l’armée française, retardéepar le mauvais temps, franchit le fleuve à Wesel etse dirigea par Dorstcn et Liinen sur Unna ; elle necomptait que 16,000 hommes, mais tous soldatsaguerris et « frais comme en entrant en campagne ».
(') Turenno à Louvois, 7 janvier 1673.