peine. Ils repassèrent donc le Main entre Francfortet Iloechst, le 12 décembre, gagnèrent Wetzlar, etarrivèrent le 27 sur la Lippe, après une marche qui,exécutée au cœur de l’hiver par des chemins difficiles,ruina plus leur armée que n’eût pu le faire unebataille perdue. Aussi s’arrêtèrent-ils pour se refairedans les environs de Lippstadt et de Paderborn ;cependant un corps de 6,000 Brandebourgeois, auxordres du général Spaen, fut chargé d’investir laplace de Werl (près de Soest), qui appartenait à l’élec-teur de Cologne (5 janyier) : les Français étaient siéloignés et leurs alliés du Nord si affaiblis qu’il étaità supposer que ce siège ne serait pas troublé.
C’était compter sans l’infatigable activité deTurenne. A peine eut-il été averti que l’électeur deBrandebourg et Montecuccoli avaient quitté les bordsdu Rhin et du Main, qu’il rassembla ses troupes et semit en marche sur Altenahr, où il s’arrêta quelquesjours pour attendre que l’ennemi eût prononcé davan-tage son mouvement. Bientôt, ne doutant plus quel’objectif des alliés ne fût la Westphalie, et craignantà bon droit que l’évêque de Munster ne se détachât dela France pour conjurer le péril qui le menaçait, ilrésolut de gagner Wesel en longeant la rive gauchedu Rhin. Mais comme, à ce moment de l’année, l’in-fanterie ne pouvait s’avancer très rapidement — bienqu’il se proposât de lui faire descendre le fleuve enbateaux — il eut soin de faire prendre les devants à17 escadrons commandés par le comte de Choiseul,afin de rassurer du moins les Westphaliens et de pré-venir ainsi leur défection. Mais il avait compté sansl’opposition de Louis XIV et de Louvois, qui consi-