II. — CAMPAGNE DE 1673. — Opérations sur la Tauber, le Main
et le Rhin : Manœuvres de Montecuccoli ; inaction de Turenne.
Bien que l’électeur de Brandebourg n’eût pas réussidans le dessein qu’il avait formé pour venir en aideaux Hollandais, la diversion qu’il avait opérée dansl’ouest de l’Allemagne n’avait pas laissé d’être fortutile à la République. En quittant, au mois de juillet,le théâtre des hostilités pour s’en retourner en France,Louis XIV se promettait, en effet, de reprendre lesopérations au commencement de l’hiver, quand lagelée serait venue annihiler les inondations quiavaient permis à ses ennemis de le braver. Maislorsque le froid fit son apparition, la meilleure, sinonla plus grande partie de l’armée française étaitopposée sur le Rhin à l’armée austro-brandebour-geoise, et il ne pouvait être question de faire de nou-velles conquêtes en Hollande, au moment où, à tortou à raison, on redoutait soi-même une invasion enAlsace.
Ce ne fut qu’après que les belles manœuvres deTurenne eurent refoulé sur la Wéser les Brande-bourgeois et les Impériaux, et que l’électeur Frédéric-Guillaume eut été contraint à accepter la paix, queLouis XIV put reprendre l’exécution de ses projets.Sans doute il allait de nouveau se heurter à l’obstaclequi l’avait arrêté, l’été précédent ; mais il comptaitque les flottes combinées de la France et de l’Angle-