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terre réussiraient enfin à exécuter sur les côtes deZélande la descente dont Ruyter avait, une premièrefois, heureusement préservé son pays. La ligne dedéfense du prince d’Orange se trouverait ainsi priseà revers, tandis qu’elle serait menacée de front par lecorps français laissé dans la province d’Utrecbt etdont le prince de Condé devait prendre le comman-dement supérieur. A ce corps, porté en dernier lieuà 35,000 hommes, viendrait se joindre une armée de32,000 hommes que le Roi dirigerait en personne;quant à Turenne, il resterait au delà du Rhin avec34,000 hommes, afin de faire face à l’Empereur, sicelui-ci, comme tout le faisait prévoir, se décidait àtenter un effort sérieux en faveur de ses alliés.
En attendant que l’armée navale franco-anglaisefut en état d’effectuer son débarquement, le Roi vou-lait frapper un grand coup en s’emparant de Maes-tricht, et, comme les hostilités notaient pas encorereprises en Allemagne, il n’hésita pas à enlever provi-soirement 7,000 hommes à Turenne pour concourirà cette opération. Mais, comme il importait de donnerle change au prince d’Orange et surtout de déciderle comte de Monterey, gouverneur espagnol desPays-Bas, à rappeler les troupes qu’il avait envoyéesà Maestricht pour renforcer la garnison hollandaise,Louis XIV résolut d’envahir tout d’abord les posses-sions espagnoles; il est vrai qu’il n’y avait pas encorede guerre déclarée entre l’Espagne et la France, maisla rupture entre les deux puissances n’en était pasmoins complète et les secours fournis par la premièreaux Provinccs-Unies autorisaient incontestablementle Roi à la traiter en ennemi.