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L’armée royale, réunie sur la Lys, se mit donc enmarche dans la seconde quinzaine de mai, s’avançaentre Deynze et Gand, et de là se porta dans lesenvirons de Bruxelles, qu’elle fît mine de bloquer.Puis, quand le gouverneur des Pays-Bas, intimidé, eutfait revenir, comme on le prévoyait, les quelquesmilliers d’Espagnols laissés jusque-là à Maestricht,Louis XIV se dirigea en toute hâte vers cette place,qu’il investit le 6 juin. On n’a pas à raconter ici cesiège, qui fut mené par Vauban avec autant d’habiletéque de vigueur et amena la reddition de la place,le 30 juin, après treize jours de tranchée ouverte (').Cette conquête, qui flattait l’orgueil de Louis XIV,devait être le seul succès des armes françaises enHollande pendant cette campagne. Les inondationstendues dans la partie occidentale du Brabant septen-trional jusqu’à Berg-op-Zoom empêchèrent encoreune fois le Boi d’assiéger Bois-le-Duc, comme il enavait l’intention, et les entreprises tentées par leprince de Condé sur les postes de Nieuwersluis et deMuiden, en vue de s’ouvrir le chemin d’Amsterdam,n’eurent aucun succès. Dans le même temps, lesflottes de la France et de l’Angleterre, sur l’actiondesquelles Louis XIV fondait principalement ses espé-rances, livraient à Ruyter, le 7 juin sur les côtes dela Hollande, puis le 14 sur celles de Zélande, deuxbatailles restées indécises comme celle de Solbay;mais le 21 août, l’illustre amiral hollandais rempor-
fl) On sait que c’est au siège de Maestricht que l’on fit pour lapremière fois, en Europe, usage des parallèles et des placesd’armes. Mais Vauban en avait emprunté l’idée aux Turcs, quis’en étaient servis notamment au fameux siège de Candie.
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