— 307
n’en avait reçu de France ne s’élevait guère à plus de18,000 hommes (*) — et marcha sur Corbach, dansle pays de Waldeck, où il séjourna jusqu’au 7 juillet ;puis il se porta plus au sud et s’établit à Wetzlar,dans la vue de surveiller les projets et mouvementsdes Impériaux. A cette date, les négociations qui sepoursuivaient activement entre l’Empereur, l’Espagneet les États-Généraux n’avaient pas encore abouti àune alliance formelle (celle-ci ne fut conclue que le30 août, à la Haye), mais il n’y avait point de douteà conserver quant à la destination de l’armée qui serassemblait en Bohême sous le commandement deMontecuccoli. Le 9 août, Turenne écrivait à Louvois :« Ayant eu confirmation par les lettres de Vienne,du 28 du mois passé, comme tous les généraux par-tent et que l’Empereur doit être le 11 à Eger, je vaism’approcher du Main et faisant avancer les troupes,je serai lundi prochain à Assenheim. Je ferai visiterde là le lieu le plus commode pour le pont entreHanau et Aschaffenburg, pour me gouverner ensuiteselon les avis qui me viendront de la marche de l’Em-pereur. »
L’intention du maréchal était de prendre l’offen-sive dès que Montecuccoli paraîtrait vouloir débou-cher de la Bohême, de se porter à la rencontre del’armée impériale et de la refouler dans le Bœhmer-wald ; mais ce projet parut trop hardi à Louvois, quile fit rejeter par Louis XIV, en alléguant que siTurenne s’éloignait trop des frontières, il ne pourraitplus être secouru en cas de malheur. Du reste, pour
( 4 ) En y comprenant 2,000 hommes de troupes de Colognelaissées par l’électeur à la disposition du maréchal.