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que l’armée d’Allemagne pûl agir sérieusement, ileut bien fallu la renforcer dans des proportions nota-bles; or, le Roi, qui comptait recevoir d’un instant àl’autre la déclaration de guerre de l’Espagne, tenaità garder sous sa main toutes ses troupes disponiblespour les employer à la conquête de la Franche-Comté, et il se contenta d’inviter Turenne à prendresur la Tauber une bonne position défensive, de façonà empêcher l’ennemi de dépasser Nurenberg. En faitde renforts, le maréchal ne reçut que le corps qu’onlui avait emprunté pour le siège de Maestricht ; il lecantonna entre Wetzlar et le Rhin, à l’exception de1,200 hommes qu’il posta à Andernach pour garderle pont qu’il avait fait de nouveau jeter sur le Rhin.A la fin, voyant qu’il n’obtiendrait rien de plus etcraignant d’être prévenu par Montecuccoli, il sedécida à quitter Wetzlar ( 13 août) et s’avança vers leMain, dont il saisit les passages à Scligenstadt et àAschaffenburg (16 août); après quoi il attendit denouveau que l’ennemi eût dessiné son mouvçment.
L’armée impériale réunie en Bohême était forte de25,000 hommes (15,000 fantassins et 10,000 che-vaux). Montecuccoli, qui se souvenait des continuellesentraves apportées à ses opérations, l’année précé-dente, n’avait accepté cette fois le commandementqu’à la condition de conserver toute sa liberté d’ac-tion. Son plan n’était d’ailleurs pas différent de celuique l’électeur de Brandebourg n’avait pu mettre àexécution en 1672 : il se proposait de marcher sur laWeslphalie pour forcer l’électeur de Cologne etlevêque de Munster à rompre avec Louis XIV, puisde passer le Rhin cl. de se joindre aux Espagnols et