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surplus, en passant d’ores et déjà sur la rive gauche,il n’aurait fait que raccourcir le chemin qui le sépa-rait de ses alliés. En conséquence, il rappela Caprara,qui ne s’était pas avancé bien loin, fit lever le pontde Bockenheim, et demanda le passage à l’électeurde Mayence; mais celui-ci ayant fait rompre son pont,comme en 1672, pour s’épargner des sollicitationsimportunes, force fut aux Impériaux d’en construireun au-dessous de la ville. Seulement, n’ayant pasassez de bateaux pour atteindre jusqu’à la rive oppo-sée, Montecuccoli dut se borner à faire passer uncorps de 5,500 hommes qui envoya des partis dansle bas Palatinat.
Turenne prit aussitôt l'alarme, remonta jusqu’àLadenburg, sur le Neckar, où il rallia le petit corpsde Vaubrun, et alla passer le Rhin à Philippsbourg,le 29 octobre. Ne doutant pas que Trêves ne fût l’ob-jectif de l’ennemi — ce qui n’avait en somme riend’invraisemblable, les Impériaux pouvant très biens’être concertés dans cette vue avec les Hollandais —il commença par envoyer 500 chevaux pour renforcerla garnison ; après quoi il s’établit à Freimersheim,entre Landau et Edenkoben, en ayant soin d’éche-lonner ses dragons de Neustadt à Kaiserslautern etde pousser des troupes légères aussi loin que possibleafin d’être averti en temps utile des desseins del’ennemi. Mais Montecuccoli, ayant atteint encoreune fois le but qu’il se proposait, avait déjà cesséses démonstrations et mis toutes ses troupes enmarche par la rive droite vers Coblentz, dans lesenvirons duquel le prince d’Orange lui donnait ren-dez-vous.