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porta de Wieslhal sur Gelnhausen, puis de là àBockenheim, au nord-est de Francfort (13 octobre),et fit jeter un pont sur le Main au-dessous de cettelocalité. Le 17, il simula le passage de la rivière,mais se contenta d’envoyer sur la rive gauche uncorps de 3,000 ou 4,000 hommes aux ordres dugénéral Caprara, avec ordre de faire de simples dé-monstrations.
Il n’en fallut pas tant pour décider Turenne àabandonner ses positions de la Tauber. Dès qu’ilapprit que son adversaire se rapprochait de Franc-fort, il décampa de Wenckheim (12 octobre) et allas’établir à Wœrdt, où il rassembla toute son armée.Là, ayant reçu la nouvelle du mouvement de Caprara,il se persuada que l’ennemi cherchait à le couper dePhilippsbourg, peut-être même à s’emparer de cetteplace, et résolut de s’assurer sans retard de la Berg-strasse : le 20, il prit position à Eberstadt, au sudde Darmstadt, sans avoir pourtant l’intention de s’ymaintenir, puisqu’il fit arrêter sur le Neckar un tardifrenfort de 4,000 hommes que lui amenait le marquisde Vaubrun.
La ruse de Montecuccoli avait donc eu un pleinsuccès; néanmoins, le général impérial ne se con-tenta pas d’avoir ainsi ramené Turenne sur le Rhin :il voulut en outre le contraindre à repasser le fleuve,en lui inspirant des craintes pour Trêves, tombé aupouvoir des Français vers la fin de l’été, ainsi qu’onl’a rapporté précédemment. Ayant été informé queni le prince d’Orange, ni les Espagnols n’étaientencore en mesure de lui donner la main, il pouvait,sans inconvénient, essayer de cette nouvelle feinte; au