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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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tournèrent leurs premiers efforts, sans doute parcequ’ils espéraient que sa chute intimiderait l’électeurainsi que l’évêque de Munster et les ramèneraient auparti de l’empire. Au surplus, il n’y avait pas appa-rence que la ville résistât bien longtemps, les fortifi-cations étant en fort mauvais état et la garnison peunombreuse : Réveillon, qui y commandait, n’avaitsous ses ordres que 1,200 Français (c’était le petitcorps que Turenne avait commis à la garde du pontd’Andernach, au début de la campagne); le resteappartenait aux troupes de Cologne et était fort maldisposé. Ces troupes et la population civile entravè-rent la défense, si bien que, investie le 3 novembre,la place dut capituler dès le 12.

Turenne, dont l’armée, très éprouvée par lesmaladies, se démoralisait de plus en plus, n’avait rienpu faire pour secourir Bonn : à la nouvelle de lamarche des alliés contre cette place, il s’était porté deFreimersheim à Wœllstein, près de Kreuznach, maisn’avait pas cru prudent de dépasser la Nahe. D’autrepart, si le maréchal d’IIumières, envoyé par Coudésur la Meuse avec un corps de 9,000 chevaux poursurveiller les mouvements du prince d’Orange, avaitpu s’avancer jusqu’à Lechenich, il lui avait été impos-sible de troubler sérieusement, avec sa cavalerie, lestravaux des assiégeants, et après avoir vainementcherché à jeter quelques renforts dans la place, ilavait dû se replier, sur Neuss. a Tout cela, écrivaitTurenne, est une suite de l’entrée des ennemis dans lepays de Cologne, où ils n’ont pas trouvé de placesfortes et où il n’y avait pas de troupes pour lesdéfendre, et l’hiver venant là-dessus, je crois qu’on ne