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peut pas empêcher qu’ils n’erf soient les maîtres ('). »
Le reproche adressé par le maréchal au gouverne-ment du Roi — à mots couverts, il est vrai — n’étaitque trop fondé et ne s’appliquait pas seulement à l’étatd’abandon dans lequel on avait laissé les alliés alle-mands de la France. Après le vaste déploiement deforces de juin 1672, on était en droit d’attendre deLouis XIV et de Louvois plus d’habileté, de vigueuret d’esprit de suite dans la conduite générale de laguerre qu’ils avaient eux-mêmes provoquée. Or, ilsemble qu’après la prise de Maestrichf, succès plusbrillant que solide, la cour se désintéresse à peu prèscomplètement des opérations engagées au delà desfrontières. Turenne sur le Rhin moyen, Luxembourgsur le Wahal et le Leck sont livrés à eux-mêmes avecdes forces insuffisantes et ne reçoivent que des secoursinsignifiants ou trop tardifs : et cela parce que destroupes nombreuses sont immobilisées dans les placeshollandaises; parce que, ne pouvant se résoudre àcéder volontairement une seule parcelle des conquêtesque l’on ne pourra bientôt plus préserver, on persisteà disperser ses efforts au lieu de les concentrer surle point décisif — qui est sans contredit le bas Rhin,à partir du moment où le prince d’Orange et Monte-cuccoli n’ont évidemment plus d’autre but que de sedonner la main.
Le moment vint cependant où Louis XIV dut recon-naître qu’il lui était impossible de se maintenir pluslongtemps en Hollande et se résigner à rappeler lescorps d’occupation. Mais comme il en coûtait trop à
(') Turenne à Louvois, 30 novembre 1673.