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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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(les Pays-Bas qui fût prête à entrer en campagne etCondé était mis à même de soutenir la lutte sansdésavantage ; d’autre part, si l’on ne laissait que trèspeu de monde à Turenne (il n’avait pas plus de10,000 hommes à la fin de l’hiver), c’est que l’onn’avait rien de sérieux à appréhender, au début, del’armée qui devait lui être opposée, en raison dutemps nécessaire pour rassembler les contingentsvariés qui entraient dans sa composition. Quant auprojet qui consistait à prendre vigoureusement l’of-fensive en Franche-Comté, en se tenant sur la défen-sive partout ailleurs, il était d’avance assuré de laréussite : grâce à la faiblesse et à l’incurie du cabinetde Madrid, auquel la rapide campagne de 1608 auraitpourtant dû servir d’avertissement et de leçon, uneprovince aussi complètement isolée et dont les prin-cipales places n’avaient même pas de garnisons suf-fisantes, ne devait pas être plus difficile à' prendrequ’à garder. Tout au plus pouvait-elle être secouruepar les Impériaux — si ceux-ci eussent été prêts àtemps; mais comme la Suisse paraissait décidée àmaintenir sa neutralité, il leur fallait nécessairementpasser par le Sundgau, c’est-à-dire faire auparavantla conquête de l’Alsace, et Turenne était là pour leurbarrer le chemin.

Aussi la Franche-Comté était-elle tombée au pou-voir des Français avant que les opérations eussentété entamées sur les autres théâtres. Dès la fin defévrier, un corps d’avant-garde aux ordres du duc deNavailles enleva successivement Gray, Vesoul, Lons-le-Saulnier et plusieurs autres postes moins impor-tants ; le 25 avril, l’armée principale, que le Roi con-