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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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valle sur la rive droite du Rhin, de peur que lesFrançais ne l’y prévinssent par Philippsbourg, quiétait toujours en leur pouvoir et dont ils faisaientaugmenter en ce moment les fortifications.

Tandis que le duc de Lorraine et Caprara opéraientleur jonction à Oberkirch, dans le pays de Bade,Turenne revenait dans la basse Alsace et réunissaitsa petite armée entre Saverne et Strasbourg. Le maré-chal était encore « dans l’incertitude si les ennemis(c’est-à-dire l’armée principale) tourneraient du côtéde Flandre, ou bien s’ils croiraient pouvoir emporterTrêves, pour aller ensuite secourir la Comté, ou bienpasser le Rhin et la Moselle à Coblentz, pour veniren Alsace (*) » ; pour être en mesure de parer à cettedernière éventualité, il faisait fortifier Saverne etsurtout Ilaguenau, qu’il appelait « un lieu capitalpour la défense de l’Alsace », au cas où il lui faudrait« marcher vers Trêves, Metz ou Verdun ». Mais, dansles premiers jours de juin, il apprit à son camp do,Ilochfelden que c’était en Flandre que devait agir l’ar-mée impériale du bas Rhin et que le duc de Bournon-ville, qui en avait cédé le commandement au comte deSouches, allait former une nouvelle armée pour opérercontre lui. Bournonville était déjà en marche avec lestroupes « des Cercles » pour se réunir au corps deCaprara et du duc de Lorraine, qui, du reste, venaientde quitter Oberkirch pour se porter à sa rencontre.

Turenne conçut aussitôt le projet de passer sur larive droite du Rhin, afin d’empêcher cette jonction outout au moins de la contrarier le plus possible.

('} Turenno à Louvois, 19 mai.