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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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projet à Louvois, il écrivait (le 30 juin) : « Commel’ennemi, qui est avec toute son armée derrière leNeckar, a peu d’infanterie, je peux rencontrerquelque chose de fort considérable à faire et qui seraitassez décisif. »

Le 3 juillet, donc, il décampa de Lacksheim, effec-tua son passage à Pliilippsbourg, à la garnison duquelil emprunta de nouveau 2,000 hommes, et se dirigeapar llockenheim sur Wiblingen, à deux lieues deLadenburg, où il campa le 4 au soir : les Impériauxs’éclairaient si mal qu’ils ne furent avertis de son ap-proche que lorsqu’il n’était plus qu’à quelques lieuesde leur camp. Peut-être eût-il obtenu dès lors lerésultat décisif qu’il cherchait s’il eût franchi sur-le-champ le Neckar (que la cavalerie traversa le lende-main à gué), car il eût coupé facilement l’ennemi deFrancfort et eût pu l’acculer dans l’angle formé parle confluent de cette rivière avec le Rhin. Mais il crutdevoir faire construire un pont de bateaux pour queson infanterie passât plus commodément, de sorteque les Impériaux, qui n’avaient garde de l’attendre,purent évacuer dans la nuit Ladenburg et filer entoute hâte vers le Main. « La peur dont ils . étaientsaisis était si grande, dit Boutourlin, qu’eux quijusqu’alors n’avaient su marcher qu’à pas de tortue,firent plus de douze lieues d’une traite et campèrentle 5 au soir près de Langen, marche extraordinairequi ruina leur infanterie', dont la plus grande partiese débanda en traîneurs » ('). Le maréchal se mit à

(') “ Il 3 T a dans leurs troupes une épouvante qui n’est pascroyable. » (Lettre de Turenne au Roi, dans le recueil de Gri-moarà.)