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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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Turenne n’avait pas eu de peine à comprendre quec’était l’Alsace qui était menacée, et, pour couvrircette province, il avait pris le 2 septembre une forteposition à Winden, sur l’Erlenbach, entre Rhein-Za-bern et Berg-Zabern. Bournonville, qui, peu aupa-ravant, s’imaginant que l’armée française s’était« hâtée de passer en France par la Lorraine », écri-vait au Grand Électeur qu’il allait « poursuivreTurenne et conduire S. A. de Lorraine dans sonpays » j 1 ), se laissa imposer par cette ferme atti-tude. Ayant fait reconnaître la position de Turenne,et désespérant de la forcer, il resta immobile près deSpire, ne sachant à quoi se résoudre. Enfin, « aprèsavoir demeuré quinze jours dans leur camp, à quatreheures de l’armée du Boi, avec beaucoup de disette defourrages et de vivres, et très mal buttés » ( 2 ), lesAllemands repassèrent le Rhin à Spire, et remon-tèrent rapidement la rive droite, espérant entrer plusfacilement en Alsace par le pont de Strasbourg,ville où ils comptaient de nombreux partisans.

Dans l’intervalle, Turenne avait eu à se défendrecontre de nouvelles exigences du Roi et de Louvois.Ceux-ci, qui n’avaient plus autant de craintes pour laFlandre et la Champagne depuis que Condé avaitarrêté les alliés en livrant le 11 août, près de Senefife,une bataille indécise, mais extrêmement sanglante,redoutaient de voir l’ennemi envahir la Lorraineet insistaient pour que le maréchal se bornât à dé-fendre la ligne de la Moselle. Pas plus qu’au mois de

(') Pethu, Dcr liriez/ 1(172-16711, Arcliivaiiselie Beilagen.

p') Turenne .4 l’ursode, Ü3 septembre.

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