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Bien que ce fâcheux événement eût pour consé-quence d’introduire les ennemis au cœur même del’Alsace et de leur assurer une place d’armes de pre-mier ordre, qui couvrait en tout état de cause leurscommunications, le maréchal n’en persista pas moinsdans la résolution de se maintenir à l’est des Vosges.Au reste, Louis XIV et Louvois avaient fini parentrer dans ses vues et préparaient l’envoi de renfortsimportants : le danger leur apparaissait même sigrand qu’ils n’hésitaient pas à convoquer F « arrière-ban » de la noblesse, mesure à laquelle on n’avaitrecours, sous l’ancienne monarchie française, quedans des circonstances particulièrement graves. Maisil devait se passer du temps avant que les troupes quel'on expédiait de la Flandre et de Paris pussent êtrerendues à destination, et Turenne savait que l’arméeimpériale allait être rejointe à bref délai par l’arméebrandebourgeoise, qui atteignait en ce moment leNeckar : aussi résolut-il de tout risquer plutôt quede permettre à l’ennemi de consolider son établisse-ment en Alsace, et de livrer bataille avec les moyensrestreints dont il disposait. En appelant à lui tout sonmonde, il parvint à réunir environ 22,000 hommes,avec lesquels il s’établit le 29 septembre à la Wan-zenau, près du confluent de l’Ill et du Rhin, à unelieue et demie au nord de Strasbourg, de façon àsurveiller tous les mouvements de l’ennemi.
fait une faute en n’ordonnant pas l’occupation de Strasbourg.Qu’avait-il à ménager? Presque tout l’empire était en guerre etles mauvaises dispositions dos bourgeois de Strasbourg étaientconnues ; la possession de cette ville était indispensable pour laprotection de la frontière. »