particulièrement défavorables dans lesquelles il dutl'effectuer. Au demeurant, s’il ne parvint pas à dis-simuler son mouvement à l’ennemi, il réussit cer-tainement à endormir sa vigilance,, et les alliésavaient retrouvé toute leur sécurité, lorsque la gelée,raffermissant les routes, permit à l’armée françaisede traverser les monts Faucilles. Filant alors par laRocliotte (près de Faucogney), Mélisey, Champagneyet Valdoie, Turenne parut le 27 décembre aux portesde Belfort, où il fut rejoint par 18 escadrons envoyéspar le duc de Duras, gouverneur de la Franche-Comté. Le surlendemain, 29, prenant les devantsavec 1,100 gens d’armes et 900 chevau-légers, ilarriva devant Mulhouse et, apercevant de la cavale-rie ennemie au delà de l’Ill, il fit aussitôt passer larivière à deux escadrons, sous les ordres du marquisde Monfauban.
Mais il n’avait pas affaire, comme il le supposait,à un simple détachement. A la nouvelle de l’appari-lion des Français sur la Savoureuse, Bournonvillcs'était hâté de rassembler les troupes éparpillées dansle Sundgau et de les faire refluer vers Ensisheim, oùétait son quartier général, sous la protection d’uncorps de 5,000 à 0,000 chevaux que commandaientCaprara et le général Dünewaid. Se trouvant inopi-nément en présence de forces aussi supérieures,Montauban ne balança pas à les charger avecvigueur : il fut, à la vérité, fait prisonnier dans lamêlée; mais il donna à Turenne le temps d’accouriravec le reste de l’avant-garde, et, grâce à l’habiletéavec laquelle le maréchal manœuvra, l’ennemi nes’aperçut pas qu’il n’avait que 2,000 hommes devant