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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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neige tombait en abondance, et se réunit à Lorquinaux troupes qu’il avait laissées sur la Sarre (4 dé-cembre) : quoique la nécessité où il se trouvait delaisser de fortes garnisons à llaguenau et à Saverneeût réduit ses forces il 27,000 hommes (dont12,000 de cavalerie), il n’hésita pas à laisser en arrièrenon seulement les malades, îjaais encore les soldatsfatigués ou incapables de faire campagne, « n’ayantbesoin, disait-il, que de gens en bon état ». Cela fait,il partit de Lorquin le 5 décembre et s’avança vers lahaute Moselle sur plusieurs colonnes, dont l’itinérairefut tracé de manière qu’en cas de besoin toute l’arméepût être concentrée en deux jours. La principale,avec laquelle marchait le général en chef, se dirigeapar Blamont, Baccarat, Domptail et Éloyes, surBemiremont.

Il était difficile d’éviter que l’ennemi ne prîtl’alarme, averti qu’il devait être par les garnisonsd’Épinal et de Bemiremont (lesquelles, du reste, seretirèrent en Alsace à l’approche des Français); dumoins, le maréchal chercha-t-il à lui donner le changeen faisant faire des démonstrations devant les princi-paux passages des Vosges; en outre, pour lui fairecroire qu’en s’avançant vers le sud il n’avait d’autrevue que d’étendre ses cantonnements, il s’arrêta du17 au 23 dans les environs de Bemiremont et établitson quartier général au village de Longuet, près deSaint-Nabord. Le temps était d’ailleurs détestable;les chemins, d’abord obstrués par les neiges, avaientété rendus ensuite presque impraticables par le dégel,et ceux qui ont reproché ù ïurenne la lenteur de samarche paraissent avoir perdu île vue les conditions