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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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l’Empereur n’a pas décidé sans peine Montecuccoli àsortir de la retraite oii le retenaient son âge et sesinfirmités.

Il ne fallait rien moins, en effet, que le prestigepersonnel du vainqueur des Turcs pour rétablir dansl’armée impériale l’unité de commandement et mettrefin à cette désunion des généraux qui avait exercéune si fâcheuse influence sur la terminaison de*lacampagne précédente. Léopold préféra même soute-nir seul l’effort de l’ennemi sur le Rhin moyen quede s’exposer aux inconvénients résultant de la juxta-position de corps appartenant à différents princes, etil décida que l’armée destinée à agir sous les ordresde Montecuccoli serait exclusivement composée detroupes impériales ou de troupes « des Cercles »à la solde de l’empire. À cet effet, il réunit les18,000 hommes que Sporck avait ramenés des Pays-'Ras et qui avaient hiverné près de Bonn, aux8,000 hommes que Bournonville avait laissés dansle Brisgau et en Souabe; les premiers se concen-trèrent aux environs de Francfort dans la secondequinzaine d’avril, et s’avancèrent ensuite à petitesjournées sur le Neckar, tandis que Montecuccoli, ar-rivant de Vienne par Ulm, rassemblait à Oberkirch,sur la Rench, ce qui restait de l’armée de Bournon-ville; il allait, en somme, se trouver â la tête de12,000 hommes d’infanterie et de 14,000 de cava-lerie, les tins et les autres de la meilleure qualité.

L’armée française que Vaubrun, commandant enl’absence de Turenne, réunissait dans le même tempsen Alsace était un peu inférieure en nombre (12,000fantassins et 10,000 chevaux), mais non pas en