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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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solidité : « Je n’ai jamais vu tant de bons hommes,ni mieux intentionnés », écrivait le maréchal à Lou-vois, en arrivant le 20 mai à Schelestadt. 11 s’était,en effet, hâté de revenir à son poste, dès qu’il avaitété informé des premiers mouvements de son adver-saire, persuadé que celui-ci chercherait tout d’abordà s’assurer du pont de Strasbourg, et résolut de nepas laisser cette fois un passage aussi importanttomber entre les mains de l’ennemi.

11 arrivait juste à temps; d’Oberkirch, Montecuc-coli s’était porté, le 20, à Willstett avec toutes lestroupes qu’il avait sous la main, et avait entamé desnégociations avec les magistrats strasbourgeois. Cesderniers paraissaient, il est vrai, mieux disposés quel’an dernier à faire respecter leur neutralité etavaient même fait occuper le fort de Kehl par600 hommes levés en Suisse pour leur compte.Cependant les sentiments bien connus de la popula-tion allemande donnaient tout lieu de craindre qu’ilsne se laissassent de nouveau forcer la main, et dèsle 21, Turenne s’avança de son côté à Benfeld. Undétachement qu’il poussa jusqu’à la vue des rempartsde la ville intimida la bourgeoisie, bien qu’au mêmemoment Montecuccoli fit mine d’attaquer Kehl, etelle fit décidément connaître aux deux parfis sa réso-lution de rester neutre.

Trompé dans son espoir et comprenant qu’il n’ob-tiendrait pas le passage tant que Tannée françaisecamperait à proximité, le général impérial se dérobatout à coup et se dirigea sur Philippsbourg ; enmenaçant cette place, qne l’électeur palatin le pres-sait du reste d’assiéger, il espérait entraîner Turenne