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les Suédois, beaucoup de leurs boulets de six livresvinrent dans le camp » (').
Dans l’intervalle, Montecuccoli avait repu 3,000hommes de troupes du cercle de Franconie ; maisl’arrivée de ce renfort augmenta sa pénurie plusencore qu’elle n’accroissait ses forces ; une estacadeque les Français avaient établie, pour barrer le Rhin,empêchait de passer les convois que les Strasbour-geois avaient essayé de lui envoyer, et des pluiescontinuelles gâtaient les foins et les moissons. L’ar-mée ennemie n’était point dans une aussi mauvaisesituation; cependant, si les vivres ne lui faisaientpoint défaut, elle commençait à manquer de four-rages. Mais aucun des deux adversaires ne voulaitcéder la place : Turenne, parce qu’il ne pouvait dé-camper sans découvrir le chemin de Strasbourg, cequi lui eût fait perdre en un jour tout le fruit decette laborieuse campagne; Montecuccoli, parce qu’ilne pouvait trouver à vivre qu’en se retirant jusquedans le Palalinat ou dans la Souabe, c’est-à-dire enlaissant les Français maîtres de la vallée du Rhin.
11 restait, à la vérité, un moyen do sortir d’em-barras : c’était de prendre l'offensive, ou du moins— pour ne pas attacher à ce mot une significationabsolue qui ne concordait guère avec les idées deguerre méthodique qui prévalaient alors — de se« donner de l’air » avec la résolution d’en venir auxmains avec l’ennemi, le cas échéant. C’est à quoiTurenne se résolut lorsque, réduit à nourrir ses chc-
{') Turenne à Louvois, 18 juillet 1075. Il s’agissait do la vic-toire remportée par le (Irand-Klecteiir sur les Suédois à Kelir-bellin.