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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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vaux avec des feuilles d’arbres, il vit approcher lemoment où il ne lui serait plus possible de se main-tenir. Il pensait d’ailleurs qu’il lui suffirait de passerla Rench et de s’établir sur le flanc gauche de l’en-nemi, pour déterminer celui-ci à la retraite, et touten employant la plus grande partie de ses forces àune opération qui, comme il disait, pouvait « causerquelque grande action », il comptait laisser dans soncamp, dont il faisait augmenter et renforcer lesretranchements, un corps assez considérable pourprotéger directement les approches de Strasbourg.11 chargea de cette mission le comte de Lorges,auquel il confia 8 bataillons, 3 escadrons et 6 pièces,et le 23 juillet il franchit la Rench à gué, près deWaghurst, avec le reste de ses troupes. Dans lasoirée, son avant-garde, aux ordres du chevalierde Roufflers, se porta jusque dans les environs deGamshurst sans que l’ennemi parût se douter derien.

« Parmi plusieurs différences qui se trouvaiententre les deux généraux, il y en avait une person-nelle qui pouvait donner d’assez grands avantages àM. de Turenne : c’est qu’à son âge il avait toute lavigueur et toute l’activité d’un homme jeune, qu’ilsavait s’en servir et qu’étant incessamment à cheval,il se trouvait partout, reconnaissait jusqu’aux moin-dres postes lui-même, et prenait des mesures justespar ses propres connaissances ; au lieu que le comtede Montecuccoli, plus cassé et moins en état d’agir,était quelquefois obligé de former ses desseins surle rapport des autres ('). » Montecuccoli n’avait pas

(') Deschamps, op . cit .

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