— 370 —
été toutefois sans remarquer que les postes françaisgrossissaient sur la Rench, et, tout en ignorant lesprojets de son adversaire, il avait combiné de soncôté un mouvement offensif auquel devaient concourirles troupes de Caprara restées à Offenburg. Tandisque Caprara, avec 2,000 fantassins et 1,000 che-vaux, et le duc de Lorraine, avec 4,000 chevaux oudragons, chercheraient à enlever les avant-postes dela droite française, vers Wagshurst, le général enchef dirigerait le gros de son armée du côté deFreistett, mais plutôt, selon toute apparence, pourtâter le camp de Turenne et l’empêcher de se porterau secours de sa droite que dans l’intention depousser l’attaque à fond.
Les Impériaux s’ébranlèrent donc dans la nuit du23 au 24 ; le duc de Lorraine, se portant sur Wags-hurst, se heurta plus tôt qu’il ne l’aurait cru auxgrand’gardes ennemies, et fut encore plus étonnéde trouver devant lui une résistance sérieuse. Dansces conditions, il jugea prudent d’attendre le jour;mais alors il apprit par des prisonniers qu’il avaitaffaire à une grande partie de l’armée française, etque le maréchal lui-même était là. Il fit tête néan-moins pendant un instant pour ne pas décourager sessoldats, et après une échautfourée qui lui coûta unecentaine d’hommes, il se dégagea assez facilement àla faveur du brouillard, qui était fort épais ; Turennen’osa point le poursuivre, ignorant si toute l’arméeimpériale n’était pas à proximité pour le soutenir.Quant à Caprara, qui avait été informé à temps de laprésence de forces considérables à Wagshurst, il avaitjugé prudent de se replier sur Ollenburg. Montecuc-