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Quadrumanes.
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QUADRUMANES.

dammcnt de ccs noms, ils donnent encore au vieux male celui de satamping, et ä la femelle celuide boukou. Les Malais de la cöte oceidenlale de Sumatra donnent ä l’orang le nom de mawc,tandis qu’ä Iudrapoura et ä Bencoulen, il est connu sous celui d’ orang-panda ou pandekh (hommenaiu).

L’orang-outang est le moins commun des quadrumanes dont Borneo et Sumatra sont peuples; onpeut dire que l’espece n’cst pas nombreuse en individus, meme dans les districts oü cet animal estle plus repandu; dans ces dcux ilcs, on le trouve seulement lä oü s’ttendent d’immenses terresBasses, humides et couvertes de sombres et vastes forets, souvent submergees par les rivieres quiles parcourent et par lä peu habitees par la race humaine; ils ne vivent jamais dans les bois mon-tagneux oü leur apparition n’est qu’accidentelle. A Sumatra , oü ces vastes forets marecagcusesn’existent que sur la cöte orientale et septentrionale, l’orang se trouve relegue dans les royaumesde Siak et d’Atjen; des individus isoles semblent penetrer, mais rarement, par les grandes valleesde l’interieur, vers la cöte occidentale; mais ces cas sont extraordinairement rares. 11 est bien plusrepandu dans la grande ile de Borneo , oü on le trouve dans toute l’etendue Basse et boisee, faible-ment habitee par les races indigenes; mais on le chercherait vainement en des lieux montagneux oudans le voisinage des factoreries et des rivieres navigables , telles que le Douson; les lieux les plussauvages, couverts de leurs immenses forets touffues, oü les rayons du soleil penetrent ä peine,leur scrvent de retraite; etant poursuivis, ils echappent le plus souvent ä la vue en se refugiant ä lacime des arbres de la foret dont ils parcourent le falte; il est rare qu’ils descendent des arbres pouratlaqucr ceux qui les poursuivent, quoiqu’on eite plusieurs exemples de naturels terrasses et tuöspar ces animaux d’une force prodigieuse.

Apres l’epoque de l’accouplement, les vieux rnäles vivent completement isoles; ceux qui ne sontpas adultes et les vieilles femelles se reunissent rarement en nombre au-dessus de trois ou quatre;les femelles pleines et celles qui allaitent s’isolent egalement. Le jeune reste longtemps aupres de lamere, dont les soins lui sont neeessaires, vu la lenteur de son accroissement; il accompagne celle-cidans tous ses mouvements, constamment soutenu contre la poitrine et se cramponnant au pelage.On ne sait pas encore ä quel äge l’orang entre en puberte, combien de temps dure la gestation, niquel peut etre le terme moyen de la vie. Prenant pour base la croissance tres-lente des individuseaptifs, on est porte ä croire que ce n’est guere avant dix ou quinze ans qu’ils ont leur developpe-ment complet, et le terme moyen de leur vie serait de quarante ä cinquante ans.

Les Organes des sens, dans l’orang, ne paraissent pas etre tres-subtils, si l’on en excepte l’oui'e,qui est extraordinairement fme. Quoique ses yeux, d’un brun clair, aient beaucoup de vivacite et mon-trent de l’expression, il scmble, neanmoins, avoir la vue Basse. Lorsque, en captivile, on lui montredes fruits cullives, son avidite pour les posseder est extreme; aussitöt qu’il les tient, il les regardede pres, les täte, les soumet ä l’odorat et les rejette souvent ensuite avec indifference. Tout ce quilui tombe sous la main est aussitöt porte ä peu de distance des yeux et bientöt apres devant l’ou-verture des narincs, ce qui fait soupeonner que cet Organe est aussi peu developpö que celui de lavue. On croit pouvoir dire aussi qu’il a peu de finesse dans l’organe du toucher; et cette finesse paraitmoins developpee dans ses doigts que dans ceux des quadrumanes des autres genres; les levres rem-plissent cbez lui les principales fonctions de cet Organe, surtout la levre inferieure, qu’il a la faculted’allonger et d'etendre en forme de cuiller pour rectiüer ou completer son appreciation des objetsqu’il saisit. Pour boire, il se sert de la main et laisse couler l’eau qu’elle peut contenir dans le pro-longement de la levre inferieure. Morne et sedentaire, meine ä l’etat de liberte, on n’observe pas cbezl’orang la pelulance et la souplesse dans les mouvements que montrent, ä un si haut degre, tous leshylobates. Le besoin de nourriture seid semble le porter ä faire abnegalion de sa paresse naturelle,ä le faire changer de place ou ä prendre du mouvement. Aussitöt repu, il reprend sa pose favorite :l’attitude accroupie, le dos courbe, la tete penebee sur la poitrine, regardant fixement en dessous,quelquefois l’un des bras etendus se tenant ä une branche, le plus souvent les deux bras pendants non-ebalamment le long du corps, il reste des heures entieres dans la meme position, faisant entendre parIntervalle un son morne et bourdonnant. Pendant le jour, on le voit parcourant la cime des arbres,saus beaucoup s’eloigner de son canton; versle declin du jour, il passe dans l’epaisseur du feuillagepour se mettre ä l’abri du froid et du vent. Pour la nuit, il se cboisit un gite au milieu d’un arbretouffu ou ä la cime d’un arbre peu eleve, tel que le palmier nibong ou pandani; souvent aussi, il se