46
IIISTOIRE NATURELLE.
cachc Jans unc gvande touffe d'orchidöes, qui cvoisscnt en parasites sur le tronc de ces arhrcs gigan-tesques. Eil quelque lieu qu’il passe la nuit, il preparc son gite en forme d’aire, le garnit de feuilleset le recouvre de branclies et de feuilles d’orchidecs; il cmploie aussi celles du paiulanus fascictila-ris, ou du nipa frulicans. C’est lä qu’A cnviron vingt-cinq pieds de terre, il passe la nuit, coucliesur le dos ou suv le cute; lcs membres postcrieurs replies \crs le corps, et Tun des bras etendu sousla tete, qu’il appuie dans la main; quelquefois il croise les bras sur la poitrine. Lorsque les nuitssont fraiches ou pluvieuscs, il se couvre le corps de feuilles d’orchidöes, de pandanus et d’autresplantcs, et il en place aussi quclques-unes sur sa töte. 11 ne sort de cclte retraite quc lorsque le soleila dissipe les brouillards dont la foret est couverte, ce qui a lieu vers neuf heures du matin; ilmonte alors au falte des arbres et ne retournc ä son gite que vers la (in du jour. Ge soin de se cboisirun abri contre 1c. froid et l’humidilö des licux qui lui servent de demeure, la posc qu’il adopte depreference dans le repos, celle qui lui est propre pendant le sommcil, ont probablemcnt fourni ma-tiere aux contes exageres, repandus assez generalement sur Thabitudc qu’aurait cet animal de se con-struire des cabanes sur les arbres, d’allumer du feu et de faire rötirle poisson et le riz. Toutefois, ilest certain que sa maniere de vivre est, en quelque sorte, semblable ä celle de l’bommc, mais olle dif-fere essentiellement de celle de tous les autres quadrumanes de l’Indc, comme il s’en eloigne lui-meme par des formes plus parfaites et unc intelligence plus devcloppec. Le seid quadrumane qu’onpuisse comparer ä l’orangcst le ebimpanze d’Afriquc; nous nous interdisons toutefois d’etablir unecomparaison entre eux, attendu que les moeurs de cctte dernierc espece ne sont pas connues, ou rc-posent sur des indications encore tres-imparfaites.
>;'■ ■ i f-.
X
f : ,■
wm
Fig. 44. — Drang jeune.
Quoique l’orang se plaise pendant toute la journee sur la cime des grands arbres, on le voit tres-rarement assis ou accroupi sur les grosses branclies, comme le font les hylobalcs; il donne la pre-ference aux branclies les plus ölevees et touffues, et il parcourt de cclte maniere le falte des im-