Band 
Quadrumanes.
Seite
51
JPEG-Download
 

QUADRUMANES. 5]

teinte gris d’ardoise, excepte le tour des yeux, de la bouche, oü le gris a fait place ä la couleur dechair, et sa surfacc est couverte de petites rides et comme chagrinee. La peau de la gorge est exlre-mement flasque et pend. comme un goitre , lorsque l’animal est couche sur le cote. Les ongles sontnoirs, et tous les doigts, sans exception, peuvent en etre pourvus. L’individu que j’ai decrit en avaitä tous les pouces. II parait cependant qu’on n’en a pas trouve ä ces doigts des mains posterieurescliez d’autres individus, ce qui avait fait presenter des pouces sans ongles comme un des caracteresparticuliers de cette espece. La voix est assezvariee : dans la peur, eile ressemble ä un grognement;dans les besoins, eile se rapproche des pleurs d’un chien; et, dans la colere, eile devient tres-aigue ;alors la gorge se gonfle considerablement. C’est cette espece qui a ete vue et examinee le plus sou-vcnt, et sur laquelle on a fait des recits plus ou moins etonnants, qu’il ne faut pas admettre sansexamen et sans critique.

Ge n’est point une chose commune que de savoir observer et decrire les actions des animaux, dene les montrer que dans ce qu’elles ont de materiel et d’en reconnaitre les veritables causes. On estconstamment porte, sans meme qu’on s’en apergoive, ä ajouter a ces actions, parce qu’on ne peutse defendre de les conformer aux causes qu’on croit y decouvrir, et qui, sans addition, paraitraientinsuffisantes; or, ces causes, nous les concluons de ces actions, considerees comme etant les nö-tres, et par une sorte d’identification des animaux avec nous-memes. C’est lä l’origine de toutes leserreurs auxquelles l’intelligence des brutes a donne lieu, et l’on doit peu s’en etonner; car les causesdes actions ne sont pas sensibles : on ne peut que les deduire, et les meines actions peuvent naitrede causes tres-diverses, Or, celles que nous connaissons, qui agissent en nous, sont aussi celles quenous sommes naturellement portes ä supposer dans tout ce qui existe. Ces erreurs, qui peuvent etreindifferentes par rapport aux animaux des ordres inferieurs, ne sont pas dans le meme cas relative-ment au chimpanze et ä l’orang, qui n’ont aucun intermediaire entre eux et nous.»

2. ORANG BICOLOR. SATYRUS R1COLOR. {Isiil. Gcofl'roy Saint-IIilaire.)

(l’l. 7 )

Caracteres srECiFiQUES. — Pelage roux superieurement et au milieu du ventre; fauve blancliätresur le bas-ventre, les flancs, les aisselles, la porlion interne des cuisses et le tour de la bouche.Taille : on ne connait que le jeune äge.

Habite Sumatra .

Cette espece est etablie par \I. Isidore Geoffroy Saint-IIilaire sur un jeune individu male venu deSumatra . Une partie de la face anterieure du corps, des membres et de'la face, est d’un fauve blan-chätre, tandis que les parties posterieures sont couvertes de poils roux. Mais ce riest pas seulenoentsur cette difference dans la coloration du pelage que le savant professeur du Museum se fonde pourformer une espece confondue jusqu’ici avec l’orang-outang. II trouve de bons caracteres dans laforme des cavites orbitaires.

Le salyrus rufus, ä tous les äges, a les orbites tres-rapprochees l’une de V autre; elles sont ovalaireset ont le diametre transversal plus petit. Les os du nez ne forment, apres leur soudure precoce,qu’une languette fort etroite.

Le satijrus bicolor, au contraire, a les orbites remarquablement quadrangulaires et ä peine pluslongues que larges. Les os du nez, reunis, sont mediocrement larges.

M. de Blainville a communique la note suivante ä l’Academie , au sujet de Parrivöe de ce singerare et interessant sous tous les rapports : « M. le capitaine Vansghen, qui a lui-meme amene sonjeune orang au Museum, a bien voulu nous dire son histoire; eile interessera certainement nos lec-teurs. 11 s’adressa, pour avoir un orang, ä quelques chasseurs de l’ile de Sumatra , oü cet animal est