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IIIST01RE NATURELLE.
du reste tres-rare ; les chasseurs s’etant mis aussitöt en recberchr, rencontrerent une fenielle portantson petit encore fort jcune. Cctte femclle, poursuivie avec ardeur, se refugia sur un arbre dont toutcsles branches furent successivement abattues par les chasseurs. Une seule restait encore et suppor-tait 1’animal; celui-ci, se voyant cerne de toutcs parts, allait s’elancer sur un arbre voisin, lorsqu’unhomme de la troupe lui coupa, d’un coup de baclie, une main de devant. La mere saisit alors sonpetit avec la main qui lui restait; mais, comme il lui fut des lors impossible de se soutcnir, eile netarda pas ä tomber au pouvoir de ses agresscurs.
Elle fut alors amenee ainsi que son petit; mais les fatigues du voyage etla chaleur extreme s’ajou-tant ä la gravite de sa blessure, une degenerescencc gangreneuse la fit bientöt perir. Le petitsurvecut : son Age fut approximativement evalue ä six semaines; cet animal etait entieroment nu, etce ne fut que plus tard que les poils, qui couvrent aujourd’hui son corps, commencerent a se de-velopper. Ceux du dos parurent d’abord, puis ceux du venire et des parties inferieures. Neanmoinsl’animal avait dejä fait ses dents incisives et les canincs ; ses molaires, aujourd’liui au nombre detrois de cliaquc cöte et ä chaque mAcboirc, se montrerent plus tard, mais saus occasionner aucunmalaise appreciablc.
Le jeune orang fut nourri, en partie, avec de la bouillie, qu’on etait oblige de lui donner commeon la donne a un enfant; il etait alors tres-faible et tres-peu intelligent; maintenant, il cst trös-actif,doux de caractero, et sensible aux caresses. Il affectionne surtout M. Yansgben, mais il est farni-lier avec tout lc monde ; il prend la main, s’ accroe.be aux jambes de ses visiteurs et monte jusquesur leurs epaules. C’esten lui donnant des soufllets, et mernc des coups de corde, que le eapitainele corrige, quand il est trop turbulent : il s’assied alors dans un coin, se caehe la figure dans sesbras, et pleure parfois; dans ce dernier cas, il portc ses mains sur ses ycux comme pour les es-suyer.
11 joue avec les enfants, et il prend avec eux beaucoup plus de menagements qu’avec les grandespersonnes. Il est aussi quelques animaux avec lcsqucls il sympathisc, mais il ne peut souffrir lesebats; il n’aime pas non plus les autres singes ; il affectionne les chiens d’une maniere toute particu -tierc, et le eapitaine recommande de mettre dans sa löge un jeune animal de cette cspecc pour luitenir compagnie. Il parait, en effet, aimer beaucoup la soeiete, et il entre en colöre des qu’il se trouveseul, brise alors et deebire tout ce qui est a sa portee. Un peut, au contraire, faire de lui ce que Tonveut en le meltant au milieu de quelques personnes; il joue avec eiles, et airne surtout qu’on le bous-cule, qu’on le roule de toutcs les fa?ons.
On n’avait jusqu’ici possede, en France , qu’un seul orang vivant, encore ce singe etait-il tres-ma-lade et presque mourant, lorsqu’il y est arrive; il n’a vccu que quelques semaines a la menagerie dela Malmaison. Celui que l’on doit ä M. Vansgbcn est en parfaile sante ; on remarque tout d’abord levolume de son ventre, sa maniere lente de mareber comme un cul-de-jattc, et, au contraire, sa lege-rete a grimper et son intelligence.
Nous l’avons vu, ä la fenetre de sa löge, tcuant, avec une main de derriere, un verre d’eau su-cree; et, avec l’unc des mains de devant, un biseuit, qu’il trempait dans la liqueur cliaquc fois qu’ilvoulait en prendre une bouchee .»