QUADRUMANES. 55
leurs cris redoublent au lever et au coucher du soleil. Lapresence d’un sac laryngien est evidentesur quelques gibbons, et Ton doit supposer que le meine Organe existe dans toutes les especes; carils ont tous uue voix forte et reproduisant les meines sons.
Ils se suspendent par les bras, et peuvent s’elancer ä de grandes distances aprös s’etre balancösdeux ou trois fois pour prendre l’elan convenable. La femelle porte son petit cramponne autour deson corps lorsqu’il est assez fort pour se soutenir seul dans eette posilion, et le soutient avec un deses bras pendant son bas äge.
Pendant le jour, les gibbons se retirent dans les bois, ä la recherche de l’ombre et de la frai-eheur.
Ils ne quittent guere les arbres, oü leurs membres longs et greles leur permettent de sauter debranche en branche et de s’accrocher sans effort. Leurs fesses non renflees, les muscles jumeaux etsoleaires effaces, leurs longues extremites anterieures, n’annoncent point qu’ils soient destines ämarcher sur le sol.
Les gibbons lient les orangs aux autres singes, car ils n’ont pas de queue ; mais on voit poindreles callosites, et leurs bras s’allongent demesurement. Cette conformation rend leur allure sur le solpeu assuree, mais, en revanche, en fait des animaux tres-propres ä grimper et ä se tenir sur les bran-ches des arbres des forets oü ils vivent confines. Exclusivement asiatiques, ces grands singes sereunissent en troupes, ont des moeurs douces, inoffensives, et se nourrissent de fruits, de racines,de bourgeons, et meine de lezards et autres animaux, tels que des insectes et des mollusques. Ilssontparesseux, defiants, dormeurs, et moins intelligents que les orangs. (Lesson.)
La bouclie des gibbons est proeminente; le visage est encadre de poils assez longs qui recouvrentmeme le front, s’avancent sur les joues et forment un collier sous le menton. Les poils de la tetcsont diriges d’avant en arriere; ceux du corps sont generalement fonces; quelques-uns, cependant,ont un pelage clair. Les poils de l'avant-bras sont diriges plus ou moins obliquement de bas en haut.
Le eräne est assez large, mais peu eleve; les cretes surcilieres, si on les compare ä celles desorangs et des chimpanzes, sont mediocrement pronoheees. Le cerveau presente des lobes anterieursetroits; les posterieurs sont courts, et recouvrent incompletement le cervelet.
Les membres inferieurs, compares aux superieurs, sont courts et generalement plus greles. L’hu-merus et le femur sont de meme longueur, et la grande inegalite qu’on remarque entre les propor-tions relatives des membres tient ä ce que l’avant-bras et la main sont d’un tiers plus longs que lajambe et le pied. (Lesson.)
« A la mächoire superieure, la premiere incisive est large, terminee par une ligne droite, useeobliquement en dedans, et coupee transversalement par l’impression de l’incisive inferieure : la se-conde est plus petite que la premiere, et usee obliquement du cöte de la caninc; eelle-ci, plus largequ’öpaisse, est tranchante ä son bord posterieur, et eile presente deux sillons longitudinaux ä saface interne, separes V un de l’autre par une cöte saillante : le sillon posterieur est plus large et plusprofond que l’anterieur. Les deux mächelieres suivantes sont deux fausses molaires : la secondeest un peu plus grande que la premiere ; mais toutes deux se composent de deux tubercules mousses,
1 un au bord externe et l’autre au bord interne plus petit que le premier. Les trois molaires qui vien-nent apres, et qui vont en grandissant de la premiere ä la derniere, ont la meme forme; eiles secomposent de quatre tubercules, deux d’ögale grandeur, au bord externe, et deux au bord interne,le posterieur beaucoup plus petit que celui qui le precede : ces tubercules sont formes par des sil-lons qui partagent inegalement la dent.
A la mächoire inferieure, la premiere incisive est petite et terminee par une ligne droite ; la se-conde est arrondie ä sa face externe, terminee en pointe, et renforeee ä sa face interne par une cötelongitudinale qui 1 epaissit dans sa partie moyenne. La canine est plus egale dans ses dimensions quecelle de l’autre mächoire, et eile est terminee posterieurement par un talon; mais sa face internepresente aussi les deux sillons et la cöte que nous avons vus ä l’autre. La premiere fausse molaireplacee obliquement, n’a qu’une seule pointe; la seconde en a deux, l’une interne et l’autre externe'situees plus pres de son bord anterieur que de son bord posterieur. Trois molaires suivent, qui von'ten augmentant de grandeur, et qui se ressemblent : eiles presentent cinq tubercules deux ä leurpartie anterieurc, et trois, disposes en triangle, ä leur partie posterieure. » (F. Cuvier.)