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Quadrumanes.
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QUADllUMANES. 57

Sorte, reduit aux arcades surciliöres surmontant des yeux enfonces et sans expression. Le nez estlarge, aplati, 4 narines laterales tres-grandes. La bouche est largement ouverte, les joues creuses,et les pommettes saillantes. Les poils de l’avant-bras se dirigent du poignet vei's le coude, oü ilsforment une Sorte de manchette en se rencontrant avec ceux du bras.

Le male a deux pinceaux de poils roussätrcs, souvent tres-longs, au scrotum, et la femelle a lesparties correspondantes et les mamelles nues. On remarque aussi que les dents canines du siamangsont tres-saillantes. Sa taille varie de 0 m ,90 4 l m ,15.

Le gibbou siamang a ete decouvert 4 Sumatra par MM. Duvaucel et Diard, naturalistes, accompa-gnant sir Stamfort Baffles.

« Cet animal est fort commun dans les forets de Sumatra , dit M. Duvaucel, et j ai pu souvent l’ob-server en liberte comme en esclavage. On trouvc ordinairement les siamangs rassembles en troupesnombreuses, conduites par un chef que les Malais croient invulnerable, sans doute parce qu’il estplus fort, plus agile et plus difficile 4 atteindre que les autres. Ainsi reunis, ils saluent le soleil, 4son lever et 4 son coucber, par des cris epouvantables qu’on entend de plusieurs milles, et qui, depres, etourdissent lorsqu’ils ne causent pas d’effroi. C’est le reveille-matin des Malais montagnards,et, pour les citadins qui vont ä la Campagne, c’est une des plus insupportables contrarietes.

Par compensation, ils gardent un profond silence pendant la journee, 4 moins qu’on n’interrompeleur repos ou leur sommeil. Ces animaux sont lenls et pesants; ils manquent d’assurance quand ilsgrimpent, et d’adresse quand ils sautent; de sorte qu’on les atteint toujours quand on peut les sur-prendre.

Mais la nalure, en les privant des moyens de se soustraire promptement aux dangers, leur a donncune vigilance qu’on met rarement en defaut, et, s’ils entendent, 4 un mille de distance, un bruit quileur soit inconnu, l’effroi les saisit, et ils fuient aussitöt. Lorsqu’on les surprend ä terre, on s’enempare sans resistance, soit que la crainte les etourdisse, soit qu’ils sentent leur faiblesse et l’impos-sibilite de s’eehapper. Cependant ils chcrchent d’abord 4 fuir, et c’est alors qu’on reconnait touteleur imperfection pour cet exercice. Leur corps, trop haut et trop pesant pour leurs cuisses courtcset greles, s’incline en avant, et, leurs deux bras faisant l’offlce d’echasses, ils avancent par saccades,et ressemblent ainsi 4 un vieillard boiteux 4 qui la peur ferait faire un gvand effort.

Quelque nombreuse que soit la troupe, celui qu’on blesse est abandonne par les autres, 4 moinsque ce ne soit un jeune individu. Sa merc alors, qui le porte ou le suit de pres, s’arrcte, tombcavec lui, pousse des cris affreux en se precipitant sur l’ennemi la gueule ouverte et les bras etendus.Mais on voit bien que ces animaux ne sont pas faits pour combattre, car alors meine ils ne saventeviter aucun coup, et n’en peuvent porter un seul. Au reste, cet amour maternel ne se rnontre passeulement dans le danger, et les soins que les femelies prennent de leurs petits sont si tendres,si recherches, qu’on'serait teilte de les attribuer a un sentiment raisonne. G’est un spectacle cu-rieux, dont, 4 force de precautions, j’ai pu jouir quelquefois, que de voir des femelies porterleurs enfants 4 la rivierc, les debarbouiller malgre leurs plaintes, les essuyer, les seclier, et don-ner 4 leur proprete un temps et des soins que dans bien des cas nos propres enfants pourraicnlenvier.

Les Malais m’ont affirme un fait dont je doutais alors, mais que je crois avoir constate depuis :c est que les petits siamangs, trop jeunes encore pour aller seuls, sont toujours portes par des in-dividus du meine sexe qu’eux : par leurs peres, s’ils sont mäles, et par leurs mercs, s’ils sont fe-melies. Ils m ont egalement assure que cette espece devenait souvent la proie des tigres par le failde cette sorte de charme qu’on a dejä dit que les serpents exercent sur les oiseaux, les ecureuils, etcJe ne peux rien vous apprendre sur leur mode d’accouplement, sur la duree de la gestation, etc.Ces faits mysterieux sont ignores des Malais eux-memes, les siamangs n’ayant point encore produiten esclavage. Au reste, la servitude, quelle que soit sa duree, ne parait modifier cn rien les defaulscavacteristiques de ce singe : sa slupidite, sa lentcur, sa maladresse. A la verite, il devient, en peude jours, aussi doux qu’il etait sauvage, aussi prive qu’il etait farouche, mais, toujours timide, on nelui voit jamais la familiarite qu’acquierent bientöt les autres especes du meine genre, et sa soumissionparait tenir plutöt a son extreme apathie qu’a un degre quelconque de confiance ou d’affection. IIest ä peu pres insensible aux bons et aux mauvais traitements: la reconnaissance, la liaine, paraissentetre des sentiments inconnus 4 ces macliines animees. Tous leurs sens sont grossiers : s’ils fixent un0

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