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Quadrumanes.
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I1ISTÖIRE NATURELLE.

On avait vu dejä plusieurs fois des singes albinos. Lcs eollections du Museum possedentmeme desexemples d’albinisme dans un assezgrand nombre d’especes. Tels sont, dansla premiere tribu, quel-ques gibbons, cbez lesquels Talbinisme n’est, il est vrai, qu’imparfait; dans la seconde, un manga-beg, dont les auteurs ont fait une espece, sous le nom de shnin algs; dans la troisieme, plusieurssapajons, dont les poils s’etaient, en partie, decolores en captivite, et un autre sapajou complete-ment albinos, erige en espece sous le nom de cebus albus; enfin, dans la quatrieme, des mankinas,chez lesquels Talbinisme n’est qu’imparfait, et un hapale mdanurus, que Ton a considerö commeune espece, et designä, ä cause de sa couleur entierement blanche, sous le nom de siiuia argentata.Mais ces singes n’avaient point ete observes vivants (sauf quelques exceptions d’un genre particulier,relatives ä des sapajous et ä deux marikinas, qui n’etaient point nes albinos, mais qui avaicnt subi,sous l’influence de la captivite, des decolorations seulement partielles. Voy. Ilisloirc des anomalics,t. i, p. 518); et notre macaque albinos est le premier dont on ail pu etudier les babitudes, fort re-marquables par leur analogie avec les mceurs et les babitudes des albinos humains. Comme ceux-ci, le macaque albinos evitait constamment l’eclat de la lumiere; ses yeux ne pouvaient supporter unjour un peu vif, sinon sans souffrance, au moins sans faligue et saus gene. On le voyait se tenir ha-bituellement, triste et melancolique, dans un coin de sa löge; et, lors meine qu’il prenait ses ebats,c’etait presque toujours avec une gravite et une lenteur qui contrastaient avec la vivacite turbulentede ses congeneres.

Comme les albinos humains, auxquels leurs anomalies imposent une vie et des habitudcs excep-tionnelles, le macaque albinos etait donc loin d’avoir entierement le naturel et les mceurs des ma-caques.

Le parallele entre les consequences de Talbinisme chez notre macaque et chez l'homme peut etrcpousse plus loin.

On sait que, chez presque tous les peuples encore sauvages ou barbares, les hommes affeetes d’al-binisme sont en butte au mepris et aux mauvais traitements de ceux qui les cntourent. Dans quelquesparties de TAfrique, les negres voient en eux, non des hommes, mais des ennemis, qu’ils chassentdes lieux habiles. Les noirs de quelques parties de la Guinee , si Ton doit en croire des renseigne-ments recueillis dans les oolonies, font perir lcs enfanls albinos, dans Tespoir de detourner les ca-lamites dont ils se eroient menaces par la naissance de ces malheurcux. Dans d’autres parties dumonde, dans plusieurs archipels de TOceanie, ä Tisthme de Panama , le sort des albinos est 6gale-ment digne de pitie. 11 en est de meme encore des bedos, ou albinos de Ccylan : des renseignemenls,recueillis par Ruffon, nous apprennent, en cffct, que les bedos sont rfiduits ä se tenir Caches dansles bois, et ä eviter le commerce des autres babitants de l’ile.

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Fig. ton. — Töte de macaque.