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IIISTOIRE NATURELLE.
figure qu’en fit son dßssinateur, vue de face et assise, en donne une idee peu precise. On retrouvcmieux ce singe dans le niacaque A queue courte femelle de ce celöbre naturaliste. Get individu avait'tous les caractöres des femelies adultes; et il est impossible de meconnaitre ranimal dont je donnela figure, dans la description qu’il fait du sien, et qui avait surtout cette couleur rouge si remar-quable des cuisses, qui n’a encore öte observee sur aucun autre singe. La figure de ce macaque estd’ailleurs si exacte, qu on pourrait difficilement, en le voyant, ne pas se rappeier les traits de l’es-pöce ä laquelle eile appartient. Je ne doute pas aussi que son palas A queue courte ne soit un rhesus;mais il a ete decrit d’apres un individu empaille qui avait perdu ses caractöres principaux. Aude -bert a donne une nouvelle figure de l’individu d’aprös lequel Ruffon avait forme cette espöee de pa-tas, et son rbesus represente une femelle adulte, mais vue de face, ce qui en deguise un peu le ca-ractere. Schreber a copie le macaque A queue courte de Buffon, auquel il a faussement donne unecouleur d’un brun presque noir, et il l'a nomme siiaia erythrcea. C’estle nomque les auteurs systc-matiques me paraissent devoir conserver; et, lorsqu’on connaitra mieux les especes du genre maca-que, on decidera si celle qui fait I’objet de cet article doit conserver le nom de maimon ou prendredelinitivement celui de rhesus. (Fredemc Cuvier.)
Un jeune rhesus est ne A la menagerie du Museum en novembre 1824, et, dös sa naissancc, il avaittous ses sens parfaitement formes. Je ne puis fixer la duree de la gestation, dit Fröderic Cuvier, au-quel nous empruntons ces details : la rarete du phenomöne ne permet pas d’en faire un sujet d’expe-rience; j’ai seulement lieu de presumer quelle a durö de cinq A sept mois. Immediatement aprösetre nö, ce jeune rhösus s’attacha sous le ventre de sa mere, en se tenant fortement, de ses quatremains, au pelage, et porta sa bouche aux mamelons, qu’il saisit et qu’il ne quilta pas pendant envi-ron quinze jours; gardant continuellement la meme Situation; toujours pret A teter, lorsqu’il en sen-tait le besoin; dormantquand sa mere ötait assise, mais ne läcliant pas, meine pendant son sommeil,les poils qu’il avait saisis. Quant aux mamelons, il n’en abandonnait un que pour prendre l’autre, etc'est ainsi que les premiers jours de sa vie se sont ecoules, ne faisant pas d’autrc mouvement quecelui de ses lövres et de sa langue, pour teter, et de ses yeux, pour regarder; car, dös qu’il vit lejour, il parut distinguer les objets et les regarder vöritablement; il suivait des yeux les mouvementsqui se faisaient autour de lui, et rien n’annongait qu’il eilt besoin du toucher pour appretier, nonpas l’effort qu’il aurait fallu qu’il fit pour atteindre les eorps, mais la plus ou moius grande distanceoü les corps ötaient de lui.
Les soins de sa mere, dans tout ce qui tenait A l’allaitcment et A la seeurite de son nouveau-ne,etaient aussi devoues, aussi prevoyants, que l’imagination peut se le figurer. Elle n’enlendait pas unbruit, n’apercevait pas un mouvement, sans que son attention ne filt exeitec, et quelle ncmanifeslätune sollicitude qui se rapportait eiitierement sur lui; car eile ne 1'aurait jatnais euc pour eile, appri-voisee au point oü eile l’ötait. Le poids de ce petit ne paraissait nuire A aucun de ses mouvements,mais tous ötaient si adroitement diriges, que, malgre leur variete et leur pelulance, jamais son nour-risson n’en souffrait, jamais eile ne l’a lieurte, meme legörement, contrc les corps trös-irregulierssur lesquels eile pouvait courir ct sauter. Jusqu’au moment de la mise bas, eile avait ou le visageet les fesses fortement colorcs en rouge; mais, presque immediatement aprös, cette couleur, formeepar l’accumulation du sang, disparut eiitierement, et sa face redevint couleur de chair. Au bout dequinze jours environ, le petit commenga A se dötacher de sa mere, et, dös ses premiers pas, ilmon-tra une adresse et une force qui ne pouvaient etre dus ni A l’exercice, ni A Pcxpürienee, et.qui mon-traient bien de nouveau >que toutes les suppositions qui out ete faites sur la nccessitö absolue dutoucher, pour l’exercice de certaines fonctions de la vue, sont illusoires. D’abord il s’accrocba auxgrillages verticaux dont sa cage etait garnie, et monlait ou descendait A sa fantaisic; mais sa meresemblait le suivre des yeux et des mains comme pour le soutenir dans sa cliute; et, aprös quelquessecondes de liberte, A un simple attoucliement, il rctournait A sa place habituelle; d’autres fois, ilfaisait aussi quelques pas sur la paille qui leur servait de litiere; et, des ces premiers moments, jel’ai vu 6e laisser tomber volontairemcnt du baut de sa cage en bas, ct arriver avec precision sur sesquatre pattes, puis s’elancer contre le treillage, A une tres-grande bauteur pour sa taille, et en saisirles mailles pour s’y accrocber, avec une prestesse qui egalait au moins celle des singes les plusexperimentes. Bientöt on vit la mere ehercher, de temps en temps, A se debarrasser de sa eharge,tout en conservant la meme sollicitude; rar il n’elait plus pour eile un fardeau des que le moindre