QUADRUMANES. 143
danger pouvait etre ä craindre. A mesure que les forces du petit se developpaient, ses sauts etsesgambades devenaient plus surprenants. Je me plaisais ä l’examiner dans ses moraents de gaiete, etje puis dire que jamais je ne l’ai vu faire un faux mouvement, prendre de fausses dimensions, et nepas arriver, avec l’exactitude la plus parfaite, au point vers lequel il tendait. J’ai eu, par Iä, la preuveevidente qu’un instinct particulier le dirigeait, pour juger des distances et detcrminer le degre deforce qu’il devait deployer dans chacun de ses sauts.
11 est certain qu’avec l’inteHigeuce meme de l’homme il aurait fallu ä cet animal de nombreux es-sais, des tätonnements multipliäs, pour acquerir l'adresse qu’il avait, et, cependant, il atteignait äpeine le preniier mois de sa vie. Quand il s’agit de la cause des actions des animaux, c’est bien leeas de dire : Que savons-nous!
Ce n’est qu’aprös six semaines environ qu'une nourriture plus substantielle que le lait lui est de-venue necessairc, et, alors, un spectacle nouveau s’est presentä ä nous; de nouvelles revelationsnous ont ete faites, par ces animaux, sur leur nature intelleetuelle. Cette mere, que nous avons vuesi pleine de tendresse, mue par une sollicitude si active, qui portait son petit suspendu saus au-cune reläche ä son corps et ä sa mamelle, et qu'on aurait jugee devoir porter l’amour maternel jus-qu’ä prendre les aliments de sa propre bouehe pour les lui donner, ne lui permit pas de toucher äla moindre portion de ses repas lorsqu’il commenfa ä vouloir manger. Des qu’on lui avait donne lesfruits et le pain qui lui etaient destines, eile s’en emparait, le repoussait aussitöt qu’il voulait ap-procher, ets’empressait de remplir ses abajoues et ses mains pour que rien ne lui echappät;et qu’onne cherche pas d’autres causes que la gloutonnerie ä cette aetion singnliöre; eile ne pouvait vouloirforcer ce petit ä teter : eile n’avait presque plus de lait. Elle ne pouvait craindre non plus que cesaliments lui fussent contraires; il les recherchait naturellement, et il s’est toujours bien trouvä d’enavoirmange. Aussi la faim le rendait-il tres-pressant, tres-temeraire et tres-adroit; les coups de samere, qui, a la verite, n’elaient jamais tres-violents, ne l’intimidaient point, et, quelque soin qu’elleprit pour I’eloigner et s’emparer de tout, il parfenail toujours ä derober un assez bon nombre demorceaux qu’il allait manger loin d’eile, en avant toujours soin de lui tourner le dos; et cette pre-caution n’etait pas inutile; car j’ai vu rette mere plusieurs fois quitter sa place et aller ä l’autrebout de sa cage fiter des mains de son petit le morceau qu'il etait parvenu ä se procurer.
Pour eviter les inconvenients d’un senliment si peu maternel, on eilt la preeaution de placerdans la cage une beaucoup plus grande quantite d’aliments que celle qui lui etait necessaire, et donteile pouvait s’emparer; alors le petit put avoir une nourriture abondante sans trop faire d’effortspour l’obtenir.
11 continue ä vivre et jouit d une sante qui parait tres-forte, toujours soigne par sa mere, tantqu’elle ne mange pas. 11 distingue fort bien ceux qui le nourrissent et le caressent, ne montre au-curie malice, et n’a encore du caractere du singe que son adresse et sa vivacite.
Comme nous l’avons dit, tous ses sens etaient ouverts au moment de sa naissance, son corps etaitentierement couvert d’un pelage qui ne, diflerait de celui des adultes qu’en ce qu’il avait une teinteplus püle, car la partie plus fauve des fesses se montrait däjä. Ce qui le distinguait dans ses formes,c’est que ses membres etaient plus greles et sa tete plus grosse. (Erederic Cuvier.)
12. MACAQUE MAIMON. MACACUS A ’HMESTIthWS. (Desmarest.)
Caiiactures svecieiques. — Pelage fauve verdätre ou roussätre, avec le sommet de la tete noir; lemilieu du dos brun; les joues et toutes les parties du corps sont d’un blanc roussätre; queue tres-courle.
Dans les pays habites par ce singe, on lui donne les noms de barou et de brüh; Edwards celui desinge ä queue de coclion, et Ruffon l’a decrit sous le nom de maimon, en le confondant, en partie,avec le macaque rhesus; Frcderic Cuvier en a donne l’histoire en lui conservant le nom de singe äqueue de coclion. Voilä ce qu’il en dit : La couleur generale de ce singe est d’un blond fonce vor-