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Quadrumanes.
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1IIST01RE NATURELLE.

Ce singe, amene tres-commundment en Europe , estaussi le plus anciennement connu; c’est le singedes bateleurs. Galien en a fait l’anatomie; et les Grecs le designaient sous le nom de pitheque. Onn’explique pas d’une maniere satisfaisante la presence du magot surle roclicr de Gibraltar . Les unssupposent que l’espece y a ete apportee, et qu’elle s’y est acclimatee; les autres pensent que l’exis-tence de ce singe dans le sud de l’Espagne prouve la reunion primitive de TEurope et de l’Afrique ,et, s’il faut en croire un ecrivain anglais , on aurait trouve, dans les breclies calcaires de Madagas-car, des debris fossiles du magot.

Docile, soumis, tres-educable, dit Lesson, ce singe, dans sa jeunesse, se plie aisement A la servi-tude, et retient facilement les tours que les jongleurs lui apprennent. Etourdi, inattentif, capricieux,vivement affecte par ce qui l’entoure, ce macaque, toutefois, lors meme qu’il est bien appris, s’at-tire de nombreuscs corrections en oubliant quelques-unes des parties du röle qu’il doit jouer surlesplaces publiques. Plus Ag6, ses penchants se decouvrent, son humeur s’aigrit, son caractere devientreveche et intraitable : pris Age, on ne peut en rien faire; il se defend, et mord avec fureur. La co-lere, chez lui, se traduit par le claquement des dents, accompagne d’affreuses grimaces. (Lesson.)

Nous ne pouvons mieux donner l’histoire du magot qu’en reproduisant les savantes observationsde Frederic Cuvier , auquel on doit tarit de details sur les mceurs et l’intclligence des animaux.

L’intelligence, ce don precieux donne aux animaux pour leur Conservation, et au moycn duquelils prennent leur rang dans 1’ordre de cet univers, ajoute toujours, dans la liberte de la nature, au

Fig. 120. — Main anlürieure de migot.

Fig. 121. — Main postdrieure de magot.

bien-6tre et a l’indöpendance, mais devient frequemment, sous Fempire de l’homme, une cause desouffrance et de persöcution. Le berger ne se sert guere que de sa voix pour eonduire ses stupidesmoutons; le fouet est dej;\ en usage pour le cheval ou le cliien, et ce sont les instruments de la tor-ture qu’on emploie envers l'homme esclavc. G'est aussi ä son intclligence que le magot doit les tour-ments sans nombre dont nos baladins sont dans l’usage de l’accabler. Excepte los orangs et lesgibbons, il est le seul singe de l’ancien continent qui soit susccptiblc de recevoir une certaine in-struction; les autres, grossiers et farouches, sont ineapables, en esclavage, de rien eoneevoir; maisils conservent en paix leur libertd, ct le magot est toujours expose ä perdre la sienne. Gependant lemagot mftle ne se soumel ä Thommc que dans son extreme jeunesse, et lorsque ses facultes activesn’ont point encore acquis toule leur force; arrive une l'ois a l’etat adulte, il commence ä elre nioins