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IllSTOlllE NATUHELLE.
drill. Nous avons decrit les belles couleurs de eet animal, mais nous sonnnes saus doute encorcbien loin de la verite, tant il est diffiuile de donner une idee exacte des ricliesses de la nature.
En comparant la figure du mandrill jeune ä celle de l’adulte, on verra que le dcrnier a une teintegenerale beaueoup plus brune que le premier, qui est plus verdätre; ce que nous aurions pu indi-quer par analogie, car le pelage de tous les vieux cynocepbales est beaueoup plus fonce que celuides jeunes, comme nous l’avons dejä vu pour l’espece du papion, pour celle du babouin.
On sait que les sexes d’especes differentes ne sont point naturellement portes a se reunir: ce n’estqu’au moyen de circonstances particulieres qu’on arrive ä former de ces associations contre nature,et, s’il en provient une race metisse, eile n’a point la faculte de se conscrver. II semble que, plus onse rapproche de la race humaine, plus s’affaiblit la repugnance qui eloigne les especesl’une del’autre et les empeche de se confondre, ou, autrement, de s’aneantir, puisque les metis sont im-propres ä la reproduction. En effet, il u’est pas rare de voir, parmi les singes, des individus d’es-pöces differentes se livrer ä tous les actes de la reproduction, comme pourraient le faire ceuxd'une meme espöce.
Ces exemples se sont reproduits plusieurs fois dans notre menagerie, mais ces accouplements ir-reguliers n’ont jusqu’ä präsent jamais äte feconds. Ce sont les macaques, et surtout les cynocepbales,qui eprouvent avec le plus de violence ces besoins d’accouplemcnt; il parait meme que ces dernierssinges, dans l’egarement de leur passion, pourraient devenir dangcreux pour les femmes. Ce qui estcertain, c’est qu’ils les distinguent tres-bien des hommes; on ne peut en doutcr aux signes nombreuxqu’ils en donnent. Et comment font-ils celte distinction dans une espece si differente de la leur, etsur des individus couverts de vetements au milieu desquels on ne peut apercevoir qu’une partie duvisage? Quoi qu’il en soit, le mandrill est un des singes qui, dans ses desirs d’amour, montre lemoins d’eloignement pour l’espece humaine. Voiei ce que mon frere dit du mandrill qu’il a decritdans la menagerie du Museum d’histoirc naturelle : « Nous avons dejä eu occasion de parier de l’a-mour des singes pour les femmes : aucune espece n’en donne des marques plus vives que celui-ci.L’individu que nous decrivons entrait dans des acces de frenesie ä l’aspect de quelques-unes, mais ils’en fallait bien que toutes eussent le pouvoir de l’exciter ä ce point; on voyait clairement qu’ilchoisissait celles sur lesquelles il voulait porter son imagination, et il ne manquait pas de donner lapreference aux plus jeunes. 11 les distinguait dans la foule; il les appelait de la voix et du geste; eton ne pouvait douter que, s’il eüt äte libre, il ne se fitt porte ä des violences. Ces faits bien consta-tes, observes par mille temoins edaires, rendent tres-digne de l’oi tout ce que les voyageurs rap-portent sur les dangers que les negresses courent de la pari des grands singes qui habitent leurpays. On a attribue ä l’orang-outan, ou plutöt au ebimpanze, plusieurs trails de ce gen re qui ap-partiennent vraiscmblablement au mandrill. 11 est clair, par excmple, que le barris de Gasscndi estbien plutöt un mandrill qu’un ebimpanze; et, ce qui paraitra peul-elre singulier, il n’est pas sürque le nom meme de mandrill n’appartienne pas meine en rcvanche au ebimpanze plutöt qu’ä l’ani-mal que nous decrivons aujourd’hui; il parait du moins certain, ainsi que l’a observe Audebert,que Smith, donlDuffon a emprunte ce nom, a reellement voulu parier du ebimpanze, etc., etc.» (Fked.ClIVlEIl.)
6. CYNOCKP11ALE DRILL. CVXOCEPIIALUS UiVCOPUJEUS. (Dcsmoulins.)
Caiiacteres specifiques. — Face noire; scrotum et fesses rouge vif; pelage verdätre, foncö dansles parties superieures, et blanchätre dans les inferieures; peau de toutes les parties nues, noire,ä l’exception des regions anale et genitale; peau des parties couvertes de poils, bleuätre.
C’est Frederic Cuvier qui, le premier, fit connaitre cctte espece, d’apres un jeune individu femclle.11 lui donna le nom de simlu leucoplura, nom qui a ete conserve, mais qui ne convient guere ä l’a-dulte.
l’lus tard, dit b rederic Cuvier, nous avons possede un male et une femclle adultes de la meine cs-