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Quadrumanes.
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I

QUADRUMANES. 181

Ces singes, tous de l’Amerique intertropicale, sont lourds, paresseux et trös-farouches; ils viventdans les forets, en troupes nombreuses, que M. de Humboldt evalue ä deux mille par lieue carree,et ils font entendre leurs cris ä une grande distance.

Dans les especes de ce genre, la mächoire inferieure est excessivement developpee, soit dans soncorps, soit surtout dans ses branches; celles-ci, dit Lesson, sont tellement etendues en largeur eten hauteur, que leur surface est presque egale ä celle du cräne tout entier. Elles forment ainsi deuxvastes parois, comprenant entre elles une large cavite dans laquelle se trouve löge un os hyoidemodifie d’une maniere non moins remarquable. Le corps de l’os est transforme en un tambour oucaisse osseuse, ä parois tres-minces et elastiques, presentant en arriere une large ouverture sur lecöte de laquelle sont articulees deux paires de cornes, et figurant ä peu pres, lorsqu’elle a atteintson dernier degre de developpement, une moitie d’ellipso'ide. Cette caisse a cinq ou six centimetresde diametre. Aussi, ce qui est une suite de cet enorme accroissement, le corps de l’hyo'ide depasse,en bas, la mächoire inferieure, et forme au-dessous d’elle une saillie recouverte exterieurement etcacliee par une barbe longue et epaisse. La grande influence qu’exerce, dans la production de lavoix, cette conformatiou singuliere de l’hyo'ide, ne peut etre donteuse. Cette voix est rauque etdesagreable, et se fait entendre ä plus d’une demi-lieue ä la ronde, ainsi que l’assurent tous lesvoyageurs.

Os hyoide

Fig. 149

Os hyoide

Grüne du hui leur alouule.

Fig. 150.

vu de prolil.

vu de lacc.

»"SB

D’Azara la compare au ci'aquement d’un grand nombre de eharrettes non graissees, et d'autresvoyageurs aux hurlemcnts d’une troupe de betes feroces.

Ces singes se font entendre de temps en lemps dans la journee; mais c’est surtout au lever et aucoueher du soleil, ou bien ä l’approchc d’un orage, qu’ils poussent des cris effrayants et prolonges.Margraaff donnc aussi ä ce sujet quelques details que nous rapporterons, sans toutefois nous por-ter garant de leur exaelitude : ll assurc qu’un. individu se fait d’abord entendre seid, apres s’etreplace dans un lieu eleve et avoir fait signe aux autres de s’asseoir autour de lui et de l’ecouter.Des qu’il les voit places, dit le voyageur saxon, il commence un discours ä voix si baute et si pre-cipitee, qu’ä 1’entendre de loin ou croirait qu’ils crient tous ensemble; cependant il n’y en a qu’unseul; et, pendant tout le temps qu’il parle, tous les autres sont dans le plus grand silence; ensuite,lorsqu’il cesse, il fait signe aux autres de repondre, et, ä l’instant, tous se mettent ä cricr, jusqu’äce que, par un autre signe, il leur ordonnc le silence. Immediatcment ils obeissent et se taisent;