QUADHUMANES
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2 mu GENRE. — ATELE. ATELES. (Geoffroy Saint-Ililaire.)
AtsXt,;, imparlait.
CARACTERES GE.NERIQUES.
Mains anterieures n'aijant que qunlre doigts apparcnts.
Mcmbrcs anterieurs tr'cs-longs et (res-greles.
Quem tres-longuc, calleuse inferieurcment clans sa partie terminale et fortement prenanle.
Les atäles se distinguent par l’etat rudiraentaire du pouce des mains anterieures, caraetere quenous avons dejä trouve dans quelques singes de l’ancien continent (genre colobe), et par la facilitequ'ils ont de saisir les corps avec l’extremite calleuse de leur queue. Enfin ils sont remarquablespar les proportions de leurs membres anterieurs, et la coloration rouge-brun de cuivre de leur face.
Lies de la maniere la plus intime, soit avec les hurleurs, qui les precedent, soit avec les lago-triches, qui vont les suivre, ils en different, dit Lesson, d’une maniere bien remarquable, en cequ’ils manquent du caraetere essentiel, non-seulement de la famille des singes, mais meine de l’or-dre des quadrumanes. Les ateles n’ont point de pouces aux mains anterieures, ou, si les pouccsexistent, ils sont si rudimentaires, qu’ils restent Caches sous la peau; de lä leur nom d’ateles ousinges imparfaits. Dejä les hurleurs ont, aux mains anterieures, des pouccs courts, peu libres dansleurs mouvenients, peu opposables aux autres doigts, et par consequent d’un usage borne dans laprehension. Cliez les ateles, l’emploi de ces pouces devient tout ä fait nul, aussi bien lorsque leurextremite parait ä l’exterieur que lorsqu’ils sont completement cacl.es sous les teguments.
II semble que, dans ces deux groupes de sapajous, quelques-unes des fonctions qu’cxercc ordi-nairement la main aient ete devolues au prolongement caudal, et que 1’extreme developpemcnt dece dernier Organe soit lie neccssairement ä l’atrophie plus ou moins compläte des pouces.
Cliez les hurleurs, les membres sont proportionnes au corps, et les pouces ne font que s’atro-phier; cliez les ateles, les membres, et plus specialement les mains, sont d’une excessive longueur,et les pouces avortent presque completement. Et il est si vrai que ces deux eonditioiis organiquessont liees l’une ä l’autre, que, cliez les lagotriehes, dont l’organisation repete presque en tout pointcelle des ateles, nous verrons en meine temps les pouces reparaitre et les mains se raccourcir.Au resle, si les membres ont une longueur considerable cliez les ateles, ils sont aussi excessivemcntgreles, d’oü resultent pour eux des habitudes et des allures tres-remarquables; leur niarcbe ressem-ble ä celle des orangs, qui ont aussi des membres longs et greles. Comme ces derniers, ils sontobliges, lorsqu’ils veulent marehcr ä quatre pieds, de fermer le poing et de poscr sur la face dor-sale des doigts. Dans quelques cas, les atäles, ce qui est aussi une habitude commune aux orangs,ont un autre mode de progression un peu plus rapide : apres s’etre accroupis, ils soulevent leurcorps ä l’aide de leurs membres anterieurs, et les projettent en avant, comme font les gens qui seservent de bequilles, ou bien encore comme le font les euls-de-jatte.
Les vertebres caudales, et particuliärement les premiäres, sont herissees de nombreuses et fortesapophyses servant de points d’inscrtion ä des muscles puissants, tandis que les os des membres sontgreles et sans asperites. L’os byoi'de des ateles peut etre c’ompare, en petit, ä celui des hurleurs; seu-lement, le corps de cet os forme une lame etendue de haut cn bas ct recourbee d’avant en arriere.Au l'Cste, cetfe ressemblance anatomique, assez eloignee, n’entraine point une ressemblance dans lavoix. Celle des ateles, aussi bien que celle des genres suivants, est ordinairement une sorte de sif-llement doux et flüte qui rappelle le gazouillement des oisuaux.
Les ateles sont generalement doux, craintifs, melancoliques, paresseux, et tres-lents dans leursmouvements. On les croirait presque toujours malades et souffrants; eependant, lorsqu’il cn est be-soin, ils savent'deployer beaucoup d’agilite, et franchissent, par le saut, d'assez grandes distances.Us vivent, en troupes, sur les branebes elevees des arbres, et se nourrissent principalemeut de fruits.(Jn assure qu’ils mangent aussi des racines, des insectcs, des mollusques et de petits ’poissons, st