QUADMJMANES. 205
Les sajous ou sapajous proprement dits ont la tete arrondie, le museau assez large et camus,l’occiput saillant en arriere et le trou occipital rentrd sous !a base du cräne, qui est volumineux.Leur face est assez large; leurs yeux, grands et rapproches, ont une direction un peu oblique, etleurs oreilles sont moyennes et arrondies.
Les dents incisives, rangees sur une seule ligne, sont au nombre de quatre ä chaque mächoire,raais les deux medianes superieures sont plus grosses que les laterales, tandis que le contraireexiste pour les deux medianes inferieures; les canines sont prononcees, et les molaires, au nombrede douze, sont mediocres. Ces singes ont des membres proportionnes au volume du corps, robustes,surtout les posterieurs. Ils ont cinq doigts aux quatre mains, mais les pouces antdrieurs sont peulibres et peu opposables. La queue est de longueur moyenne, velue dans tonte son etendue, et en-roulante ä l’extremite; quelquefois cependant la partie inferieure et terminale ne presente plus quedes poils usös par l’action repdtde du frottement, mais saus callosites.
Fig. 169. — Saj’ou femelle.
Les sajous, dit Isidore Geoffroy Saint-Hilaire , sont des animaux pleins d’adresse et d’intelligence;ils sont tres-vifs et remuants, et cependant trbs-doux, dociles et facilement educables. Chacun a puse convaincre de ces faits par sgs propres observations, ces singes etant extremement communs. IIserait donc tout ä fait inutile de nous btendre sur les qualitßs que peut ddvelopper en eux l’educa-tion. Ge qui serait vraiment interessant, ce serait de donner quelques remarques sur leur intelli-gence, teile qu’elle est naturellement, et non pas teile que l’homme l’a faite. Malheureusement, nousne trouvons, dans les ouvrages des voyageurs, aucun fait digne d’etre cit6; tous se bornent ä nousdire que les sajous sont intelligents. Nous essayerons de suppleer en partie ä leur silence, en rap-portant une Observation que nous avons faite nous-meme sur un individu vivant en domesticite, ilest vrai, mais n’ayant recu aucune espece d’education. Lui ayant donne un jour quelques noix, nousle vimes aussitöt les briser ä l’aide de ses dents, separer avec adresse la partie charnue et la manger.Parmi ces noix, il s’en trouva une beaucoup plus dure que toutes les autres; le singe, ne pouvantrbussir i la briser avec ses dents, la frappa fortement et ä plusieurs reprises contre l’une des tra-verses en bois de sa cage. Ces tentatives restant de meme sans succes, nous pensions qu’il allaitjeter avec impatience la noix, lorsque nous le vimes avec etonnement descendre vers un endroit desa cage oü se trouvait une bande de fer, frapper la noix sur cette bande et en briser enfin la co-quille. Gelte observation nous parait digne d’etre citee, car eile prouve d’une maniere incontestableque notre sajou, abandonne ä lui-meme et sans avoir jamais re?u aucune education, avait su recon-naitre que la durete du fer l’emportait sur celle du bois, st par consequent s’etait eleve ä un rap-port, ä une idee abstraite.
Les sajous, comme les autres sapajous, vivent en troupes sur les branches elevees des arbres, et