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Quadrumanes.
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QUADRUMANES. 257

d’un ongle aplati, comrae chez les autres singes. Les membres posterieurs sont plus allonges que lesanterieurs, et cette disposition decele les fonctions qu’ils sont appeles ä remplir, c’est-ä-dire favo-riser le saut de branche eil branche; tandis que les bras, termines par des griffes, annoncent la fa-cilite de grimper sur les troncs des plus gros arbres. Leur queue est longue, abondamment couvertede poils sur toute sa surface, et ne se eontourne point ou n’est point prenantc comrae celle des sa-pajous. Leurs oreilles sont grandes, minces, cartilagineuses et presque denudecs; et leurs narinessont percees sur les cötes du nez a une assez grande distance l’une de l’autre.

Les ouistitis ont une epaisse fourrure, moins serree sous le corps et en dedans des membres,composee de poils doux, soyeux, tres-mollets, ce qui avait engage Illiger ä creer le nom generiquede hapale (xiraZo;, mou). Les nuances les plus gracieuses les teignent ordinairement et leur donnenlun aspect satine. Comme tous les singes americains, les ouistitis n’ont pas d’abajoues, ni de callo-sites aux fesses.

De cette Organisation generale doivent naturellement resulter des moeurs et des habitudesdifferentes de celles des autres singes. Leur petite tadle, leur queue, qu'ils portent habituel-lement redressee sur le dos, leurs ongles aceres, en font des animaux destines ä vivre dansles forets ä la maniere des ecureuils. Leur intelligence est peu etendue, bien que leur anglefacial fasse supposer une certaine ampleur dans la boite cränienne, et par suite dans le cerveau.Ce profil, presque vertical, est donc du ä une disposition particuliere de la face, qui ne contribueen rien au developpemcnt des hemispheres cerebraux moins volumineux que le cervelet; ce qui doit

Fig. 196. — Tete de ouistiti.

subordonner l’intelligence aux faeultes generatrices, dont la preeminence n’est pas douteuse. Lessens sont assez developpes. Le toucher seul est ä peu pres nul, ou du moins fort incomplet. puisqueles doigts sont peu mobiles et le pouce des mains anterieures non opposable. Cette imperfection setrouve en quelque sorte compensec par des ongles aigus, destines ä penetrer facilement dans lesecorces des arbres. Toutefois, le ccrveau est assez regulier pour que leurs actes annoncent unecertaine prudence et une connaissance des corps utiles ou nuisibles qui les entourent, sans que pourcela on puisse leur accorder une dose remarquable d’intelligence. A l’etat sauvage, ces singes ontdes mouvements rapides, pleins de gräce et de gentillesse; la brusquerie de leurs manieres, l’incon-stance de leurs allures, les caprices du moinent, qui ont tant d’influcnce sur leur attention toujoursmobile, et la beautö de leur pelage, en font de charmants animaux, qu’on cherclierait ii conserveren caplivite s’ils pouvaient vivre dans nos climats. Ce n’est pas ccpendant. que plusieurs especesn’aicnt brave les hivers de la France, car nous savons qu’un marikina courait dans les rues de Brest par les plus grands froids sans etre incommode; mais ces exemplcs sont tres-peu nombreux et nepeuvent etre cites que comme des exceptions individuelles.

Des ouistitis, en captivitfe, temoignaient une grande aversion pour les chats et les guepes, qui leurrappelaient peut-etre deux veritables ennemis de leurs climats, les premiers ne differant point eneffet par les formes de plusieurs carnassiers du nouveau monde, et les secondes etant tres-voisinesdes guepes rouges, si dangereuses au Bresil et a la Guyane . Ces individus reconnaissaient meme lesinsectcsdessines qu’on pla?aitsous leurs yeux, et, lorsqueces dessins representaient des grillons etdes sautcrelles qu’ils aimaient, ils cherchaient ä les saisir. Ceci nous rappelle qu’un macaque bonnet